Domaine Paul Gaschi – Visite Janvier 2017

Janvier 2017. Le soleil inonde le vignoble après une belle période de froid avec des pointes à -10°C, températures devenues exceptionnelles cette dernière décennie. Nous avons rendez-vous à Eguisheim, au Domaine Paul Gaschy.

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Le Domaine Gaschy est une exploitation familiale de 8 hectares, avec un patrimoine de vignes particulièrement intéressant, autant sur les Grands Crus Eichberg, Pfersigberg et Hengst que sur d’autres terroirs remarquables, sur les Rosenberg et Fronenberg notamment. C’est aujourd’hui Hervé Gaschy qui gère le vignoble.

Hervé Gaschy concentre ses efforts sur le contenu, sur le vin.  Si son accueil est d’abord un peu réservé ou timide, on découvre vite un type attentionné et bienveillant qui sait ce qu’il veut, et il veut du beau vin.

 

 

Dans le respect de la vigne.

Hervé travaille la vigne en bio désormais certifié, et le papa nous raconte qu’il s’est lui aussi toujours méfié des produits chimiques. On ne lésine pas sur les moyens qui permettent de produire de très beaux vins, notamment avec une main-d’œuvre plus importante, conséquence des choix de conduite de vigne.  Par exemple, nulle vendange en vert qui est considérée comme un geste qui va à l’encontre de la plante.

Respect du vin en cave

En cave, Hervé est un magicien et travaille avec une attention de tous les instants à ses vins. Par exemple (évidemment) on ne trouve nulle levure d’achat, et le pied de cuve est considéré lui aussi comme une sélection de levures qui est étrangère au jus fraichement pressé. Les vins font leur vie sur lies jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent, d’ailleurs ici on considère qu’arrêter la fermentation d’un vin, c’est lui manquer de respect. Tout cela est mené avec un travail très soigneux du début à la fin qui évite de se retrouver avec des vins qui virent. M Gaschy père nous glisse que Hervé possède une patience incroyable, et une attention de tous les instants. Précisons-le, Hervé Gaschy prend également soin de protéger le vin lors de la mise en bouteille, pour qu’il soit capable de voyager et d’arriver sur la table des clients.

A la dégustation, on trouve une patte du vigneron au travers de l’ensemble de la carte, et une régularité impressionnante. Il n’y a aucun déchet, tous les vins sont l’objet d’un égal respect de la part de leur vigneron. A commencer par les vins de cépage, goûteux, gouleyants, alsaciens ! C’est bon et on aime ça ! Les amateurs de vin sont souvent dans la prise de tête, et on cherche les micro-détails, l’analyse domine le plaisir … mais le plaisir est finalement ce qui doit primer, non ?

Quand on monte en gamme, on trouve des vins qui ne sont pas moins vivants, discrètement marqués par l’attention du vigneron, mais ils prennent une dimension supérieure, celle de l’empreinte du terroir. On retrouve la fougue du Hengst, le caractère solaire du Pfersigberg, la terre de l’Eichberg. Je me répète, Hervé Gaschy dispose de parcelles très bien placées, mais il les exploitent au plus fin, avec une écoute du terroir très sensible.

 

 

Nous n’avons pas tout dégusté, mais mentions spéciales aux Sylvaner, au Pinot Blanc (Auxerrois), au Riesling, puis aux Grand Crus Hengst et Eichberg en Riesling et aux Rouges (Pinot Noir) dont Hervé est fan et qu’il sait parfaitement manier. Ses rouges ne sont pas des pseudo-Bourgognes, mais bien des Rouges Alsaciens, pas des clairets qu’on trouve hélas trop souvent par ici. Hervé utilise des pièces bourguignonnes, mais il précise en ouvrant ses mains vers le ciel que le bois ne doit pas faire le vin mais cil est là « pour élever le vin », le bois doit servir le vin. Toujours ce respect au vin …

Je ne suis pas critique vinique mais voici quelques impressions…

Maison Paul Gaschy Sylvaner Rosenberg 2014 : Le Sylvaner, cépage maltraité par les vignerons alsaciens, est devenu une vraie perle pour tout amateur de vin qui goûte avec ses sens plutôt qu’avec les yeux du prestige supposé. Voilà une superbe livrée de ce cépage qui ne ressemble décidément pas au standard du vin d’Alsace fluet, aromatique et à forte acidité. On serait plutôt sur un vin beaucoup plus consensuel, cousin du Chenin, qui offre une bouche pleine, charnue, aux fruits jaunes et mûrs et une belle poire, une bouche très sphérique qui donne juste envie de se resservir ! EXCELLENT

Maison Paul Gaschy Grand Cru Eichberg Riesling 2011 : Un grand vin qui commence seulement à s’ouvrir et à dévoiler tout doucement son grand potentiel. L’harmonie de ce vin est un exemple à donner ! Le reste est encore à venir, c’est dire ! Un grand vin qu’on aura tendance à ouvrir trop tôt tellement le plaisir est franc. EXCELLENT

Maison Paul Gaschy Pinot Noir (Grand Cru Hengst) 2009 (la dénomination est « vieilli en fut de chêne »). Vin élevé en pièce bourguignonne pendant 30 mois, voilà un vin rouge dont les tanins parfaitement assouplis soulignent une corpulence élégante et puissante. EXCELLENT

 

On mentionnera la douceur des tarifs, mais c’est sans compromis aucun sur la qualité des vins. la douceurs des prix associée à des vins excellents dès l’entrée de gamme fait de ce domaine une perle rare, un territoire de chasse pour ceux qui sont à la recherche des vins « bons pour pas cher », dont je dis que ce sont des chimères. En effet, c’est rare, mais on n’ira pas chez Hervé Gaschy pour cela mais pour ses vins.

Merci infiniment à Hervé et Paul Gaschy pour leur superbe accueil.

Situé en bas du village, près du parking, on passe devant quand on monte dans l’enceinte médiévale. Passez un coup de fil, et vous serez très bien accueillis (pas le Dimanche svp)

 

http://www.vins-paul-gaschy.fr/web/index.php/Presentation

Maison Paul GASCHY
16, Grand’rue
68420 EGUISHEIM

Téléphone : 03.89.41.67.34

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Medard Barth Der Rebbau Des Elsass – Guerres destructrices – 1ere partie

Cette série de billets est issue de ma lecture parfois très personnelle de l’ouvrage encyclopédique de Médard Barth. Publiée en 1958, cette œuvre monumentale posait les fondations de l’historiographie du vin d’Alsace, et fait référence encore aujourd’hui …

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j’ai fait ici l’impasse sur tout un chapitre qui nous parles des qualités et quantités de vin, j’y reviendrai peut-être sous une autre forme ultérieurement.

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Dessin de R Kuven également issu du livre de Médard Barth

P170 et + : Guerres et destructions dans le vignoble.

Le vignoble est source de grandes richesses, il est donc attaqué pendant les guerres, objet de destructions pour affaiblir l’ennemi, ou d’appropriation en cas de conquête.

Dans le système féodal en vigueur au Moyen Âge, les conflits entre les innombrables seigneuries, principautés, duchés et leurs multiples strates hiérarchiques faisaient évidemment des ravages dans les vignes.

Rosheim, 1213 : Frédéric de Lorraine, seigneur de (la moitié de) Rosheim par la grâce de l’Empereur Frédéric II  qui lui avait confié cette localité, meurt.   L’Empereur voulut alors reprendre la ville à son compte, mais il reçut l’opposition de Théobald, fils Frédéric de Lorraine. Quand l’Empereur apprit la nouvelle, il chargea son aide de camp Lamberin d’Ourches de prendre avec lui une infanterie et d’attendre le rebelle dans la vallée de la bruche. Celui-ci ne venant pas, Lamberin alla jusqu’à Rosheim avec ses troupes et ils prirent la ville, alors pas encore fortifiée. Les villageois se réfugiaient dans l’église et les maisons alentours, pendant que les soldats investissaient les caves. En quelques semaines seulement ils burent et mangeaient la récolte de l’année, se démobilisaient, rangeaient les armes dans une grange et profitaient de leur abus. C’est le chevalier Otto de Rosheim, un guerrier aguerri, qui mobilisa les villageois et ordonnait aux hommes de prendre les armes. En quelques heures seulement, la troupe occupante, saoule et négligente, fut mise en déroute, certains purent s’échapper, mais ceux qui étaient restés dans les caveaux furent tous tués sans pitié. Lamberin et quelques rescapés rejoignirent la Vallée de la Bruche, et quand à Wisches l’Empereur apprit la nouvelle de la déroute, il laissa l’affaire en l’état et c’est ainsi que les longtemps après cet épisode dramatique les habitants de Rosheim s’étonnaient de ce que le destin peut subitement se retourner…

 

Breuschwickersheim, 1261 : Comme dans toute l’Alsace, les caves débordent de vin. Les troupes de la ville de Strasbourg, en conflit avec l’évêque de Strasbourg, investissent le village qui appartient à l’évêché et descend dans les caves tandis que la population est terrifiée. Mais l’évêque envoie ses troupes entraînées et quand il se présente au village assiégé, les Strasbourgeois battent retraite…jusqu’à la quinzaine de soldats restés ivres dans les caves, qui payaient de leur vie leur offense à l’église et à la vigne.  Comme quoi, l’abus d’alcool est dangereux …

 

Strasbourg, 1392 : Parfois ce furent les locaux eux-mêmes qui procédaient par pure bêtise. Ainsi en 1392 à Strasbourg, quand la ville était engluée dans un conflit local, les familles de nobles s’en prirent d’abord au vin qui appartenaient à « leurs » gens, puis s’en prirent au raisin des bourgeois propriétaires de vigne, et il n’y eut même pas de vin à produire cette année. Pire, ils allèrent même jusqu’à démonter les pressoirs pour en brûler le bois dans la ville prise dans les troubles, et s’en mordirent eux aussi les doigts quand ils n’eurent les années suivantes plus de dîme à prélever…

à suivre…

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Domaine François Schmitt – Visite Janvier 2017

Visite impromptue au Domaine François Schmitt en cette froide journée de Janvier, pour retrouver les bombes en rafales de la famille Schmitt…

Photo Pierre Radmacher

Les vins Francois Schmitt me rappellent à quel point le vin d’Alsace peut être très bon pour pas cher. On retrouve dans la gamme des vraies petites bombes, comme le Sylvaner Bollenberg, Pinot Blanc, et Riesling Bollenberg par exemples. Et la montée en gamme l’est aussi au goût, on trouve alors des grandes bombes.

Le domaine familial de 13 hectares exploite 80% de sa surface sur deux grands terroirs que sont le Grand Cru Pfingstberg et le Bollenberg.

Pour un ancien amateur de haute-fidélité Audio, l’étagement des vins me rappellent l’étagement des gammes en hi-fi bien faites, à savoir à chaque catégorie son niveau qualitatif et son charme, avec pour chaque fabricant un trait de caractère commun et une progressivité cohérente. C’est le cas ici, pleinement.

Si en effet on n’a pas besoin de boire du Grand Cru tous les jours, on trouve un plaisir NON FRUSTRANT avec les vins classiques François Schmitt. Ensuite, on peut s’offrir sans se ruiner des vins encore plus remarquables qui accompagnent les belles tables des plus fins amateurs de vin d’Alsace. Là aussi, le haut du panier des vins François Schmitt est d’une précision remarquable et d’un rapport Q/P parfait pour tout amateur de vin.

Voilà un domaine qui reste depuis 10 ans une de mes plus belles références, il fait pleinement partie du TOP50 alsacien, et certaines cuvées sont courues des amateurs de vin, comme le Sylvaner, le Pinot Noir Cœur de Bollenberg, le Pinot Gris Maréchal ou le Riesling Paradis.

Frédéric Schmitt est un type très sympa et souriant, mais c’est aussi – c’est souvent le cas des personnes généreuses et rieuses – un perfectionniste, un chercheur d’excellence, inlassable bosseur, inventeur. Je vous conseille vivement de faire connaissance avec ce type qui saura immédiatement vous mettre à l’aise avec son sourire franc et généreux, et une sensibilité discrète qui fait la patte cachée des grands.

Je voudrais cependant revenir sur le papa de cette affaire. Imaginez un vigneron qui mène bien son affaire, et qui confie à son jeune fiston œnologue les rênes de l’exploitation. Imaginez le cran qu’il faut pour lâcher du lest, face aux idées nouvelles d’un œnologue imaginatif qui cherche d’entrée de jeu l’excellence. Beaucoup de papas freineraient devant tant d’empressement, et beaucoup de chefs de famille rechigneraient à mettre en danger leur affaire. D’ailleurs, combien de jeunes, fils de vignerons, ne sont-ils pas découragés par le conservatisme et la peur de leurs parents ? On ne jugera pas les parents, mais l’histoire a prouvé que la famille Schmitt sait non seulement mettre la charrue avant les bœufs, mais réalise aussi que le rêve est l’ingrédient indispensable à tout projet. Donc un grand coup de chapeau aux parents Schmitt, la confiance est payante et le rêve peut aboutir.

 

Domaine François Schmitt
19 Rue de Soultzmatt
68500 Orschwihr

info@francoisschmitt.fr
Tel : 03 89 76 08 45
http://www.francoisschmitt.fr/.

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L’élégante constance des beaux vins Weinbach – Visite Janvier 2017

Retour dans un des plus grands domaines viticoles Alsaciens, par un froid Samedi hivernal comme on en attendait depuis longtemps…

 

Pourtant, ici la discrétion est de mise, on n’en rajoute jamais. Les 30 hectares du domaine sont cultivés en bio-dynamie. Le site internet a été revu, et ne zappez pas la superbe vidéo d’introduction.

L’élégance dans la constance des vins Weinbach est à l’image de la propriété. Une ancienne demeure meublée avec soin, un ancien couvent, un clos de vignes, le ruisseau, une famille qui depuis plus d’un siècle prend soin de ses vignes, un travail de tous les jours sur des générations.  Si le vin de supermarché est un produit comme les autres, le vin de vigneron est une œuvre de temps long. Et dans la famille Faller, on s’est transmis l’amour de la vigne de père en fille, et de fille en filles, de fille en fils …

Depuis la route, au pied du Schlossberg, ce long mur impressionne, l’ancien couvent respire l’Histoire, le beau, une certaine profondeur s’en dégage. A l’intérieur, le salon de style classique aux tissus discrets, les ombres laissant place aux portraits de famille qui disent au visiteur qu’ici on est dans une maison, c’est un des plus beaux environnements pour déguster en Alsace. Puis la cuisine, une cuisine de couvent, aux couleurs de bois, de fonte et de carrelages anciens, avec la lumière naturelle donnant aux matières une chaleur qui met en appétit le cœur et le ventre. En cave, les alignements de foudres forment le cloître de l’amoureux de vin, d’Histoire et de valeurs ancestrales.

Les vins répondent à une caractéristique qui semble simple mais qui est d’une grande rareté : BEAUX ! L’élégance, pas de tape-à-loeil, et la constance, ils traversent le temps.

L’assemblage EZ : ce vin est un Edlzwicker, ça veut dire assemblage noble … l’assemblage que la viticulture alsacienne a transformé en vin de caniveau au point de faire fuir les clients.  L’assemblage Weinbach EZ 2015, c’est un vin meilleur que 90% des vins qu’on rencontre en Alsace, toutes productions confondues. Voilà un vin qui met fin à beaucoup de débats : pas de discussion sur l’équilibre, pas de question sur les dominantes aromatiques, ni sur l’intégration des différents cépages, d’ailleurs on s’en fout, car on boit ici un « vin » !!!  Un vrai modèle que ce vin noble, ce vin correspond parfaitement à l’Edel de Germain Muller, qui disait « L’alsace est un convertisseur, c’est prendre des éléments extérieurs et en faire quelque chose de particulier, quelque chose d’Alsacien, de transformé » et de l’Edel qu’il est « homogène, astucieux, léger, réel », et c’est ce que je retrouve dans cet EZ. L’EZ est à l’image de l’Alsace du vin et des gens qu’on devrait avoir : un beau mélange intégré élève le niveau. Le jour où les alsaciens comprendront – à nouveau – que leur richesse, c’est les autres, les croisements, l’apport de l’extérieur, ils se rappelleront peut-être qu’eux-mêmes sont issus de croisements multiples.

C’est sous la neige que nous repartons du Domaine des Capucins, avec cette sérénité toute alsacienne du travail bien fait dans les valeurs qui perdurent au fil des heurts de l’Histoire. Bravo à la famille Faller pour ce travail de longue haleine qui tend cette ligne de vins vers leur élégante constante de vins fins et distingués, tout accessibles à toute personne qui ouvre ses sens, son esprit mais aussi son âme…

 

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De la fierté du vin d’Alsace …

Je suis régulièrement affligé par le faible niveau de fierté des Alsaciens vis-à-vis de leur vin. Evidemment, beaucoup d’alsaciens connaissent des vins locaux. Mais c’est quand on jette un œil à la manière dont le vin d’Alsace est diffusé et considéré qu’on mesure le niveau d’estime et de culture des alsaciens pour « leur » vin.

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Dans les différents secteurs de la société alsacienne dans lesquels le vin se diffuse, je trouve, ce n’est finalement qu’une opinion, des déficits de fierté du vin d’Alsace et finalement de l’Alsace … 

 

Restaurants

En Bourgogne, les restaurants proposent très souvent prioritairement des vins de Bourgogne. Ils sont fiers de leurs vins, ils portent haut les couleurs de leur région viticole ! Leurs clients aussi, car un restaurateur ne s’obstine pas à mettre à la carte du vin qu’il ne vend pas. Certains ne proposent d’ailleurs QUE du vin de Bourgogne, et tant pis pour ceux à qui ça ne plaît pas ! Sans forcément aller jusque là, n’est-il pas logique, naturel, évident que les locaux de n’importe quelle région viticole préfèrent le vin de leur région ?

De même vis-à-vis des touristes, n’est-il pas logique, naturel, évident de proposer des beaux vins du cru à ceux qui viennent découvrir la région ? les touristes arrivant en Alsace aiment découvrir notre vin.

Mais hélas, peu de restaurants alsaciens proposent une part conséquente de vins locaux à leur carte des vins. Et quand l’Alsace est à la carte on mesure trop souvent au faible niveau de qualité de l’offre, et donc le peu d’intérêt que portent les restaurateurs aux vins locaux.

Et finalement, inversement à la normale, on me signalera ces quelques restaus qui proposent une belle carte de vins d’Alsace : C’est donc qu’ils sont peu courants ! Hélas.

Encore faut-il être conscient que l’Alsace possède un vignoble et des vins de grande qualité …

 

Bars à vins

Un bar à vin, ça sait en principe sélectionner les vins dans le haut du panier, en mettant en avant des terroirs. Eh bien non, on ne peut pas compter sur les bars à vins régionaux pour ça, ou alors de façon mitigée. On citera comme très mauvais exemples le XX Bar à Strasbourg ou le bar des Sommelières à Haguenau.

Encore faut-il être conscient que l’Alsace possède un vignoble et des vins de grande qualité …

 

Évènements collectifs et publics 

Buffets de centres culturels, d’entreprises, de forums, ou vernissages : soit pas de vin d’Alsace, soit du mauvais vin … on peut mesurer l’intérêt porté au vin local.

Encore faut-il être conscient que l’Alsace possède un vignoble et des vins de grande qualité …

 

Les amateurs de vin

La grande majorité des locaux qui sont amateurs de vin ne connaissent visiblement pas grand-chose au vin « de chez eux », ils sont même souvent plus ignorants que bien des amateurs étrangers en matière de vin. J’entends souvent des alsaciens parler mieux des vins de Bordeaux, de Bourgogne. Rares sont ceux qui savent parler des grands terroirs alsaciens, ils en sont le plus souvent ignorants, ils savent parfois parler des vins de cépage mais ne savent même pas qu’il existe des grands terroirs chez eux. Dans un grand domaine Alsacien, on racontait comme des clients reçus disaient qu’au restaurant, ils ne boivent pas de vin d’Alsace. Et puis, autre anecdote (source TM), certains disent « En Alsace mon grand cru préféré c’est le Riesling Grand Cru ».

Encore faut-il être conscient que l’Alsace possède un vignoble et des vins de grande qualité …

 

M Tout le Monde ?

Evidemment,  on n’attend pas de M Toutlemonde une connaissance particulière du vin. Mais doivent-ils être plus ignares ou moins fiers que leurs voisins Bourguignons, lesquels sont fiers de leurs grands vins qu’ils n’ont pourtant jamais gouté ? … J’ai récemment proposé à diverses reprises des soirées de dégustations à des néo-amateurs de vin, des gens plutôt curieux sans qu’ils ne soient particulièrement amateurs de vin. A chaque fois, l’un des 2 thèmes proposés était un thème « Alsace », et je demandais 10 ou 15 euros de participation, donc largement en deçà du prix de revient ; Rien, nada, niet, personne ne s’inscrivait. Mais quand j’ai proposé deux thèmes dont aucun n’était estampillé « Alsace », j’ai fait salle comble, et les 20 euros demandés ne choquaient vraiment personne … Encore faut-il être conscient que l’Alsace possède un vignoble et des vins de grande qualité …

 

Le monde du vin

Les professionnels du vin, à titre collectif, entretiennent à mon avis une image monolithique. Quels sont les évènements viniques mettant en valeur le vin d’Alsace ? La foire aux vins de Colmar ne met pas en avant le vin, c’est une foire dont les gens connaissent d’abord les concerts, le vin est un peu à part et les grands stands les plus visibles sont ceux, bien faits d’ailleurs, des brasseries. Les autres évènements sont généralement les fêtes du vin locales et autres marches gourmandes, mais bon … Je ne dénie pas au vin son aspect populaire, mais on ne sort pas de l’image de vin facile et léger, et il manque très clairement une dimension d’excellence au vin d’Alsace. En effet il n’existe pas d’évènement public mettant en avant l’excellence du vin d’Alsace.

mais là aussi, hélas, même dans le monde viticole, encore faut-il être conscient que l’Alsace possède un vignoble et des vins de grande qualité …

 

Mais est-ce propre au monde du vin ?

Plus largement, ceux qui appartiennent aux différentes catégories citées ne sont pas porteurs d’Alsacianité. On dira « yo! sois pas si chauvin, il faut donc savoir aussi se tourner vers l’extérieur ! », là où d’autres disent qu’ils sont fiers de leur région.

Nul ne brille en étant honteux de son identité. C’est justement en étant fier de ce qui se crée ici et maintenant qu’on fait briller ce qu’il y a de beau, de souriant, ce qui porte des valeurs hautes et ambitieuses des talents de notre région ! Être fier, ce n’est pas un orgueil mal placé, bien au contraire ça ne peut que chasser les mauvais démons du repli sur soi.

C’est en diffusant notre identité au travers de nos beaux et grands vins que nous montrerons … l’estime que nous nous portons à nous-même, finalement. Et on nous retourne l’image que nous diffusons. Portons un regard de cavalier « haut, loin et droit » notre vin !

Vive l’Alsace, ses Grands Vins et vive les Alsaciens !

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