Vin, plaisir, ou dogmatisme ?

 Plus j’écoute le vignoble et les vignerons, moins il n’existe de méthodes qui seraient valables versus d’autres qui seraient moins qualitatives !

Attention, oui, on ne fait pas de vin de qualité avec un raisin dilué, ou sans prêter attention à la conduite de vigne ni à un travail de cave soigné. Mais chaque vigneron compose son patchwork à partir de sa sensibilité, de son patrimoine viticole, de ses ambitions et de son parcours personnel. Et ce que nous buvons n’est que le résultat final de chaque composition de vigneron ! Ne devrions-nous pas parfois laisser nos sens seuls juger de l’appréciation que nous portons à un vin ?

Techniques de viticulture et d’oenologie ou croyances populaires ?

Je sais à quel point l’amateur de vin est souvent prisonnier de ses idées plus ou moins reçues. Et on juge allégrement un vin et un vigneron à partir des toujours mêmes critères. Quelques exemples : vendanges à la machine, en botiche ou en caissette, ou encore vin bio ou pas bio. On peut encore citer d’autres marottes comme les levures dites indigènes, la vinification en grappe entière ou égrappage, la vinification en inox ou en foudres, le pigeage et le batonage, la proportion de bois neuf …

Ces croyances ne sont pas rationnelles, et sont largement alimentées par les professionnels eux-même, médias du vin, amateurs dits éclairés, sommeliers, cavistes et vignerons ! Ces pros ont bien de la chance, car les amateurs de vin ne s’intéressent pas à d’autres critères qui ne sont pas moins décisifs pour la formation d‘un vin et qui ne sont pas aussi reluisants, qui ne font souvent pas « terroir » …

Tous ces critères doivent-ils guider le consommateur ? ne doit-on pas seulement déguster avec les sens ? à la fin ils forment des dogmes ! C’est donc à chacun de choisir s’il veut aller un peu plus loin que les idées plus ou moins reçues, ou d’en rester à la convivialité, au plaisir de déguster.