Arthur Metz devient vigneron indépendant ! Le premier exportateur de vin Français prend des airs de grand-père bourru !

le noble vigneron – eau forte d’André Jacquemin

Vous le connaissez tous, ce vigneron aux profondes rides et aux mains calleuses, avec un chapeau vissé sur le crâne plus ou moins dégarni ? Ressemble-t-il à ce portrait de ce « noble vigneron » d’André Jacquemin ? La maison Arthur Metz, ou encore les Grands Chais de France,  premier exportateur de vin Français, le plus grand succès commercial du vin d’Alsace de ces dernières décennies, devient ces temps-ci aussi un « vigneron indépendant » !

Comment est-ce possible ? Eh bien, pour être « vigneron indépendant », il faut être une structure familiale et posséder de la vigne, ce qui est le cas des Grands Chais de France (CDF) ; Par conséquent, du moment que je réponds à un cahier des charges, je peux donc prétendre à une appellation, non ? Est-ce honnête du point de vue légal ? oui ! Est-ce fair-play de l’idée que se fait le public d’un vin de vigneron exploitant familial ? Si on est un « vrai » vigneron indépendant, on peut trouver cela déplacé voire déloyal, c’est une façon de voir les choses.

En effet, le « Arthur Metz » n’est qu’une marque, il n’existe pas un bonhomme qui s’appelle Arthur Metz. Alors, pouvoir apposer le logo « vigneron indépendant » rehausse un peu plus l’image du vin fait par un bonhomme dans sa cave, le type aux mains calleuses vous savez. C’est donc un argument commercial. Pour quelle raison ? Ca n’a rien à voir avec le vin, toutes les grosses marques sont à l’affut des moindres paramètres de marché. Ici celui de la confiance qu’inspire, à tort ou à raison, la « marque » « vigneron indépendant ».

Mais à l’inverse, est-ce que l’image du vigneron « indépendant » aux mains calleuses est-elle réelle ? Non, le vin est un produit de consommation presque comme un autre, et nul ne fait plus de vin « comme mon grand-père ». Même ceux qui font du vin nature ne font plus cela.

A l’inverse, le logo « vigneron indépendant » n’est pas signe de qualité. Un certain nombre, et même un nombre certain de vins de vignerons indépendants ne sont pas à la hauteur de vins des grosses structures industrielles qui ont les moyens de faire parler un raisin de qualité moyenne, là où le vigneron vraiment indépendant n’a pas les moyens et/ou ni les compétences ? Les vignerons indépendants devraient servir un produit qui soit vraiment de qualité nettement supérieure, et se détourner d’une production quantitative comme c’est trop souvent le cas en Alsace.

Alors, peut-être que les vignerons « vraiment » indépendants peuvent se poser la question de savoir s’il faut continuer courir après des protections corporatistes ? S’il faut continuer de servir le discours du vieux bonhomme qui fait du vin comme mon grand-père ?

Celui qui produit du vin de grande qualité, vraiment lié au terroir, ne sera pas mis en concurrence avec les grandes marques industrielles fussent-elles des superbes réussites commerciales, car l’originalité, la personnalité et le goût d’une relation vivante et d’une convivialité réelle sont inimitables.

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