Medard Barth der Rebbau des Elsass – Export de 1500 à 1650 : une politique commerciale désastreuse

Cette série de billets est issue de l’ouvrage
« der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »
de Médard Barth
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Douane de Strasbourg : Le déchargement des tonneaux était obligatoire, même lorsque la marchandise était destinée à l’export. Avec donc paiement des frais attenants – Dessin : Robert Kuven

Dans ce chapitre, Médard Barth nous renseigne sur les nombreuses causes du déclin du vin d’Alsace. Déclin qui jusqu’à ce jour ne fut jamais rattrapé. Pages 409 et suivantes, les archives de Colmar nous informent ainsi qu’autour de 1500-1540 ce sont des moyennes de 62000 hl qui y étaient échangés, chiffre qui variait avant de tomber à une moyenne de 20 000 hl entre 1648 et 1700. Ce déclin quantitatif s’est accompagné par une véritable déchéance de la renommée du vin d’Alsace.

Première cause : Une gestion du commerce inadaptée et même désastreuse

Le premier facteur de déclin que cite Médard Barth est la gestion du commerce à l’export imposé par la ville de Strasbourg. On le rappelle, une grande partie du vin d’Alsace passe par la grande ville baignée par la rivière Ill qui charrie opportunément une grande partie des marchandises alsaciennes vers la grande voie d’export qu’est le Rhin.

Il dénonce les mesures protectionnistes excessives mises en place par la Ville de Strasbourg au profit des habitants, dans un commerce du vin jusque-là sous le patronage de professions dument organisées. La Ville voulait conserver une forte réserve en cas de coup dur, en organisant ainsiun stock minimum dans ses murs. Mais il y eut des dérives. Les habitants possédaient des privilèges pour l’achat de vin, et spéculaient allègrement sur les fluctuations de prix qui dans ces temps étaient fortes, dues aux variations des quantités et qualités par climat et météo.

Comment  ?

Au 16ème siècle, pour chaque cargaison de vin qui entrait sur le territoire de la Ville (passage obligé vers l’export), tous les 4 tonneaux étaient réservés à la vente aux habitants de la Ville a des prix ne devant pas dépasser la faible somme de 36 florins, quel que soit le prix auquel le foudre avait été acquis. Et ce n’était qu’une fois le nombre de tonneaux, acquis par les locaux à moindre coût, étaient revendus que le chargement initial pouvait reprendre sa route vers l’export. Parfois les locaux allaient même jusqu’à acheter du vin dans le vignoble pour le vendre à des négociants qui étaient pressés de poursuivre leur route. Les habitants allaient jusqu’à acheter du vin en primeur pour le ramener en Ville, faisant monter les prix afin de faire encore monter leurs propres marges une fois que les négociants arriveraient sur la place d’échange.

Ainsi les professions commerçantes lésées ont peu à peu cherché d’autres places de marché plus ouvertes au commerce du vin. On continuait à rechercher le vin d’Alsace, mais c’est le jeu spéculatif d’une politique commerciale désastreuse qui allait encourager la montée d’autres sources d’approvisionnement en vin par les places commerciales allemandes ou néerlandaises.

 

 

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