Medard Barth der Rebbau des Elsass – Le transport du vin – L’ill

Cette série de billets est issue de l’ouvrage
« der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »
de Médard Barth
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Les Romains avaient construit différents castrum le long du Rhin pour défendre les frontières de ce qui deviendra l’Empire Romain, mais la particularité de Argentorate (Strasbourg) est que les Romains y ont construit un pont sur le Rhin, lequel était constitué d’une suite de bras en méandre sablonneux jalonnés d’îlots. Il ont construit une suite de pilotis reliés par des planches, qui fut longtemps le seul pont sur le Rhin entre Bâle et Mayence. Strasbourg doit donc beaucoup aux Romains, par Toutatis !

Durant tout le Moyen-Âge, le vin empruntait l’ill jusqu’à sa jonction avec le Rhin à hauteur de la Wantzenau, laquelle commune tire sa richesse des taxes de péages encaissées jusqu’à la construction – pendant la Réforme – du canal du Rheingiessen qui traverse la Krutenau.

Ce passage sur le Rhin permis l’expansion de la ville, et Charlemagne accordera plus tard des privilèges aux bateliers Strasbourgeois. Nous avons déjà vu ICI l’importance du Rhin.

Mais comment les marchandises arrivaient-elles à Strasbourg et sur le Rhin ? Par les eaux, aussi !

La rivière emblématique de l’Alsace, c’est l’ill !

Et de fait ! Quand on observe son parcours au travers de la campagne alsacienne, on a l’impression que cette rivière a été dessinée spécialement pour servir les échanges de marchandises ! En effet, l’ill parcoure sur un axe Sud-Nord les trois quarts de l’Alsace qui s’étend elle aussi sur cet axe. L’ill est donc l’arête et l’artère principale de l’Alsace, vers laquelle convergent latéralement les rivières, notamment celles qui viennent du piémont et du vignoble. Ainsi l’ill et ses affluents constituent-elles un maillage parfait pour le transport et le commerce, de vin notamment.

l’ill dessert Strasbourg, qui était une des 6 villes libres du Saint Empire Romain « Germanique », et qui est aussi ville exemptée de péages sur le Rhin qu’elle relie depuis les Romains.

Il ne suffit pas de produire de grands vins, encore faut-il les valoriser ! L’ill en tant que moyen de transport facilitateur et Strasbourg en tant que puissante place commerciale de dimension européenne étaient les deux clés du succès du vin du piémont alsacien.

Sur la carte reprise en haut de l’article, qui est postérieure à la canalisation du Rhin, on voit nettement les rivières qui se jettent dans l’ill.

Absence de valorisation = disparition de vignoble

On peut même se demander si le vignoble du Bas Rhin n’eut pas été tout aussi valorisé si le vin avait été acheminé plus facilement vers une place commerciale aussi puissante que Strasbourg. Or les rivières coulaient vers le Nord de Strasbourg. C’est la bruche amenait vers Strasbourg les vins réputés les plus septentrionaux en Alsace. Etant donné que la Pfalz ou la Mosel produisaient déjà des vins forts réputés, il n’y avait pas de raison climatologique à ce que le « Nord » (de l’Alsace) ne produise de grands vins. Le manque de valorisation semble être aujourd’hui la plus plausible explication de la disparition du vignoble sur tout le piémont des Vosges du Nord.

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