Medard Barth der Rebbau des Elsass – les vins de la merveilleuse Alsace et son commerce – Intro

Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique du chanoine Médard Barth publié en 1958 « der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »,  ouvrage de référence en matière d’Histoire du vin d’Alsace.

Dans la deuxième partie de l’ouvrage de Médard Barth nous parle de son rayonnement, des différentes formes de vins, de commerce, de consommation et de diffusion…

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Page 307 et suivantes … L’Alsace pays riche en ressources naturelles, voilà ce qui apparait comme thème récurrent tout au long des siècles.

En effet l’Alsace, qui faisait partie du Saint Empire Romain Germanique, était considérée comme l’une des provinces les plus prospères, sinon celle qui produisait les plus grandes richesses en vivres de l’Empire.

La terre fertile des collines allant du Kochersberg à l’Alsace bossue fournissait céréales en quantités, mais aussi quantité de poissons dans les méandres du Rhin alors non canalisé ; Les forêts fournissaient du bois, les coteaux étaient tous peuplés de vignes, et les vergers étaient nombreux partout ; Enfin un grand nombre de gibiers courrait entre ces cultures. De plus elle était desservie par le Rhin qui permettait une diffusion aisée.C’était l’eldorado du saint empire germanique.

Ces richesses attiraient commerçants et migrants, et Strasbourg devint une plaque tournante du commerce en tout genre, rappelons que Strasbourg signifie « carrefour de routes », ce qui n’est pas innocent. Mais ces commerces produisant richesse permettaient alors d’autres développement, cultuels, sociaux, culturels, artistiques. Et rebelote ! La production de richesse produit des appels d’air pour d’autres richesses … un cercle vertueux.

Cette position brillante a été retranscrite dans les écrits tout au long de la période de prospérité par toutes sortes d’auteurs. On remonte en 780 avec les écrits du moine Adam (de l’abbaye de Masevaux) jusqu’à ceux de Carl Braun de Guebwiller, mort en 1877. Entre ces personnages on trouve nombre d’écrivains, poètes, hommes d’église, qu’ils soient Alsaciens, Français, Allemands ou Italiens, qu’ils se nomment Ernoldus Nigellus, Gottfried von Viterbo, Konrad Celtis, Mathias Ringamnn, Sébastian Franck, Fischart, Montaigne ou encore Jakob Balde qui louent l’Alsace et ses vins.

Citons quelques exemples …

La puissance économique liée aux richesses de la terre est également évoquée par l’évêque et historien Otto von Freising, mort en 1158, biographe de son neveu l’Empereur Frédéric Barberousse. Dans sa Gesta Frederici il écrit : « Ce paysage, que coupe le mondialement connu Rhin, un des trois plus significatifs cours d’eau d’Europe, fournit en quantités en céréales et en vin, est riche en gibier et en poissons. Des régnants qui demeurent au Nord des Alpes c’est elle qui les nourrit le plus longtemps ».

Le Franciscain Sebastian Munster écrit dans la très célèbre Cosmographie « tu remarqueras que ce pays produit tant de bonnes céréales et de bon vin que non seulement sa population en est nourrie mais que nombre de charriots et de navires les exportent jusqu’en de pays lointains » ou encore « la plaine produit tant de céréales, les coteaux tant de vin et ces richesses complétées par les fruitiers qu’aucune autre région d’Allemagne n’est comparable à l’Alsace » ou toujours «  il existe bien d’autres régions où l’on trouve du bon vin, mais aucun n’a de grenier à pain aussi rempli, des vergers aussi souriants que l’Alsace. Tu ne trouveras dans ce pays pas un seul lieu qui ne soit planté de vigne, de vergers ou de champs, et l’on n’y trouve pas le peuple d’une seule origine, mais ils viennent de partout, de Souabe, de Bavière, de Bourgogne et de Lorraine et n’en repartent que rarement »

Mérian écrit en 1644 :  » Aucune province le long du Rhin ne peut être comparée à l’Alsace; Laquelle constitue une réserve de nourriture, une cave à vin, un grenier à blé, nourrissant une grande partie de l’Allemagne ; Avec entre autres ses amandes, châtaignes et autres fruits merveilleux; Là où les villes, villages, hameaux et châteaux sont si proches les uns des autres ... »

Doit-on ici rappeler comment s’est exclamé Louis XIV quand il a découvert l’Alsace ? :  » quel beau jardin ! « 

De nombreuses autres sources sont citées par Médard Barth dans ce chapitre.

… à suivre …

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