Géopolitique du vin d’Alsace, partie 1 : l’Alsace dans le Saint Empire Romain Germanique


Une récente conférence donnée par M Claude Muller, historien, m’a encouragé à rédiger deux billets consacrés à la géopolitique du vin d’Alsace avant, puis après le traité de Westphalie

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Les historiens disent et répètent que le vin d’Alsace était autrefois réputé et renommé dans toute l’Europe, servi sur les tables des nobles, princes et rois et vin préféré de beaucoup de connaisseurs. De nombreuses sources historiques nous en donnent les témoignages. Cette période de prospérité s’étend depuis le début du deuxième millénaire au traité de Westphalie et Louis XIV.

Le vin d’Alsace dans l’espace du Saint Empire Romain Germanique

 A partir du tournant du deuxième millénaire l’Alsace fait partie d’une alliance politique de duchés, principautés, royaumes et villes libres dénommé plus tard Saint Empire Romain Germanique. On n’y connaît pas encore, comme en France, un pouvoir centralisé. Tout cet espace est lié par une union douanière, un peu comme l’Europe actuelle, avec un Empereur qui est surtout un protecteur (en principe).

Sur cette première carte on se rend compte de l’étendue du Saint Empire Romain Germanique au 16ème siècle.

https://www.dropbox.com/s/7wty0ntv4wefv32/europa-16.jhd.-g.jpg?dl=0Sur cette autre carte on voit la position méridionale de l’Alsace dans son espace économique dans le saint empire romain germanique. Sont signifiées les frontières naturelles (Vosges et Alpes) et les zones de diffusion des produits alsaciens à partir du Rhin.

Dans cet espace économique, donc, l’Alsace était le pays de cocagne, la région la plus méridionale cernée par les deux frontières naturelles que sont les Alpes au Sud et les Vosges à l’Ouest.

L’Alsace représentait donc le « Sud », là où brille le plus le soleil dans ce qui n’était pas un pays. Pour donner une idée, si Marseille était italienne, elle serait donc au Nord !

Cette Alsace était riche et renommée.

  Les richesses qu’elle exportait étaient nombreuses et à fortes valeurs ajoutées. Le vin était de loin le plus grand contributeur. L’Alsace était riche en vignes, en vergers, en céréales, en bois.

  Cette mince bande de terre qu’est l’Alsace est longée par la rivière ill. Les routes étaient à cette époque les voies d’eau. L’ill permettait d’acheminer les marchandises vers des points de ralliement sur l’ill, puis sur l’ill jusqu’à Strasbourg grande place commerciale.

  Ensuite, le Rhin emportait les marchandises et les hommes vers toute l’actuelle Europe du Nord, Allemagne, Hollande, Danemark et en Angleterre, de vastes et riches espaces de commerce. Il en était ainsi des « vins d’Aussay ».

L’ill ramassait sur son passage toutes les marchandises et les transportaient vers la grande place commerciale de Strasbourg.

  Strasbourg était l’une des plus grandes et riches villes de ce qui allait préfigurer l’Allemagne. Dès les premiers temps de la création de l’Empire, c’était une ville libre d’empire, gouvernée localement, elle possédait sa justice, frappait monnaie et levait l’impôt. Par ailleurs les dix villes alsaciennes de la « Décapole » étaient villes libres unies pas une alliance.

 De par sa position occidentale proche de la France, cette riche Alsace avait les moyens de faire venir de nombreux artistes Français, et les ordres religieux venus de France. Les influences françaises touchaient l’Alsace de nombreux domaines. La créativité latine a donc fait son entrée en Alsace bien avant le rattachement de l’Alsace à la France.

  Enfin citons l’Alsace intellectuelle avec le mouvement Humaniste qui allait fortement se développer.

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C’est donc dans ce contexte que, depuis tournant du deuxième millénaire au 17ème siècle, l’Alsace connut une période de grande prospérité, avec le vin comme produit vedette. Imaginons l’état d’esprit qui régnait.

On parle souvent des guerres et des troubles, ok, et il y en eut. Mais l’Alsace était également gâtée par rapport à bien d’autres régions, par ses ressources naturelles et sa place de carrefour de l’Europe.

  Province considérée et reconnue comme prospère et riche en ressources, elle jouissait d’une grande autonomie. Les « étrangers » venaient de loin et apportaient leurs savoir-faire qui ajoutaient aux richesses locales. C’est alors un cercle vertueux qui se met en place dans un empire peu envahissant d’un point de vue administratif.

  L’ill et puis le Rhin fournissaient les routes et autoroutes de l’époque. Que demander de plus ?…   La suite ici CLIC

Je renvoie aux ouvrages de Claude Muller et évidemment à celui de Médard Barth dont j’ai le plaisir de relater des extraits dans ces pages : CLIC

 

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2 commentaires pour Géopolitique du vin d’Alsace, partie 1 : l’Alsace dans le Saint Empire Romain Germanique

  1. wurtzele1 dit :

    Bn billet, j’ai lu les deux articles à l’envers, j’ai commencé par le 2 avant celui-ci et comme c’est bien découpé, on ne s’emmêle pas les pinceaux:)

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  2. Ping : Géopolitique du vin d’Alsace, partie 2 : l’Alsace Française | Eric Langermann

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