Medard Barth der Rebbau des Elsass – Vendangeurs nourris et rémunérés

Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique du chanoine Médard Barth publié en 1958 « der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »,  œuvre monumentale de l’Histoire du vin d’Alsace qui fait référence encore aujourd’hui …

On apprend des plus anciennes traces qui datent du 12ème siècle que chaque vendangeur recevait au minimum du pain, et ceux qui aidaient à presser le vin recevaient aussi du fromage.

Mais à partir du 14ème siècle on les soignait mieux en leur servant le traditionnel  « Schnitzen », un plat Rhénan fait de lard et de poires préparés à la poêle ; les abbés ordonnaient les avantages en nature que le village et les vignerons devaient mettre en oeuvre, et ce fut à partir de là toute une logistique qui se mettait en place durant les vendanges, car il fallait nourrir, et loger et divertir les vendangeurs pendant 3 à 6 semaines, parfois plus. On mangeait comme le mentionne des archives des 16ème et 17ème toutes sortes de légumes et de pains, mais aussi viandes de bœuf et de mouton,  lard, poissons, et fromages et œufs, riz, et le tout agrémenté de sel et de beurre. On imagine sans peine que l’obligation de vendanger ne devait pas toujours être si mal vécue et on peut situer les ambiances joyeuses des vendanges remontant à ces époques lointaines…

Plus tard encore les tensions se faisant croissantes, on finit par rémunérer les vendangeurs. En effet, l’Abbaye de Murbach à partir du 17ème, où en plus de les restaurer, versait un salaire journalier aux vendangeurs…qui restaient cependant contraints de servir l’abbaye du fait qu’ils demeuraient sur son territoire viticole. On soignait aussi mieux les vendangeurs, et en 1659 on abattait une vache pour servir de la viande rouge aux vendangeurs. En ces temps-là, les vendangeurs étaient au nombre de 59 pour les 1,15 hectares que possédait l’abbaye de Murbach sur le Saering.

Dans la plupart des cas qui nous sont laissé par les archives, les propriétaires, abbayes la plupart du temps, s’arrogeaient un seul jour de pré-vendange. Cependant à Guebwiller, en 1563-64, l’abbaye de Murbach s’en réservaient trois, avec de surcroit l’obligation pour tous les habitants d’y participer. Là-bas, les abbés allèrent même jusqu’à réserver les deux jours suivants aux privilégiés de la ville, à savoir que pouvaient vendanger les nobles et les convers en charge du vin. Comme les vendanges étaient très tardives en ces temps-là, les vignerons ne commençant qu’à vendanger pour eux au 4eme et 5eme jours eurent peur pour leurs vendanges. Ces abus furent à l’origine de la querelle locale.

A Turckheim, on découpait chaque année le vignoble en parcelles et on définissait un ordre de vendange, mais les deux premiers jours étaient réservés aux privilégiés, comme on l’a vu précédemment.

Ce régime se poursuivit jusqu’à la Révolution Française.

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