Medard Barth der Rebbau des Elsass – Gardiens et voleurs

 Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique du chanoine Médard Barth « der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »,  œuvre monumentale de l’Histoire du vin d’Alsace publiée en 1958 qui fait référence encore aujourd’hui …

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Gardiens et voleurs de vignes…

Page 119 et + , Médard Barth nous entretien du gardiennage du vignoble. Les traces écrites des textes édictant et règlementant le gardiennage du vignoble remontent à 1188 où à Obermorschwihr, propriété de l’abbaye des augustins de Murbach à cette époque.

Durant tout le reste du Moyen-Age et jusqu’au 19ème siècle, on trouve traces de ces charges de gardiennage. Certains textes précisent que deux préposés étaient chargés de ce travail de surveillance, particulièrement à l’approche des vendanges. Les dangers étaient à la fois les oiseaux, le gibier, mais surtout les voleurs. On précise parfois que de nuit, les rondes doivent se faire à deux, et les dits employés sont logés et nourris chez les vignerons. Mais parfois, on leur construisait des petits logements directement dans le vignoble, comme à Wolxheim où l’on connaissait encore voici peu le « Bangerthüttel ». Les gardes étaient armés et devaient parcourir le vignoble chaque nuit.

Lorsque le raisin arrivait à maturité, les équipes étaient alors renforcées. Et quand au début du 18ème siècle c’étaient des bandes de brigands qui venaient voler le raisin, le conseil souverain de Colmar finit par équiper ses gardes de fusils. Ces armes servaient principalement à tirer sur les chiens errant et les poules en liberté, animaux eux aussi attirés par les raisins mûrs.

Mais quand le raisin mûrit, c’est l’accès au vignoble qui est interdit sauf à présenter un sauf-conduit ! des panneaux annoncent la couleur sur chaque chemin menant au vignoble, en plus des équipes de gardiens. Celui qui enfreignait le règlement payait parfois une amende de 50 Livres (environ 200 grammes d’argent pur !!!).  Les enfants n’avaient même pas le droit de sortir de l’enceinte de la cité, et comme les gardes de la cité fermaient un peu trop les yeux sur la circulation des mômes, ce sont les autorités viticoles qui collaient leurs propres gardiens aux sorties de la ville !  Mais on trouvait même une forme de souplesse à cette surveillance. On lit ici ou là que lorsqu’un voyageur affamé piquait quelque raisin, on ne le punissait que s’il avait dérobé plus de 2 grappes (Sélestat) ou 3 (Ammerschwihr) selon l’endroit.

Le Gibier aussi

P123 – Le gibier mais surtout les nombreuses chasses menées par les nobles causaient de graves dommages au vignoble. D’un peu partout et durant tout le Moyen Âge, les témoignages affluent. Les viticulteurs, des paysans, n’avaient pas de poids face aux nobles qui investissaient le vignoble pour chasser le gibier qui sortait du bois voisin, attiré par le raisin. On rapport notamment qu’après 10 années de mauvaise récolte, une vendange prometteuse fut réduite à néant par les chasses successives d’une bande de chasseurs arrogants, pas effrayés par une amende record qui le aurait menacé … si en face, les paysans qu’étaient les vignerons avaient eu courage et argent pour ester en justice contre eux ….

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