Medard Barth der Rebbau des Elsass – Encépagement à Riquewihr aux 16ème et 17ème siècles

Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique du chanoine Médard Barth publié en 1958 « der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »,  ouvrage de référence en matière d’Histoire du vin d’Alsace.

******

Déjà en 1575, Riquewihr ne tolérait QUE des cépages nobles. On trouve une liste de cépages autorisés, dont on trouve des mises à jour avant la guerre de trente ans (où le Riesling apparaît pour la première fois), puis en 1644.

1575 : Muscat, Pinots Blanc, Gris, Rouge, Weiss Lampersch (lombard)

Avant la guerre de 30 ans : Schlitzer, Kleffner, Muskateller, Riessling, Losanner

1644 : Schlitzer, Klein-Edles, Klevener, Muskateller, Lombardisch, on précise qu’on a aussi le droit de planter les cépages étrangers comme le Riesling, Veltiner, Losanner (de Lausanne?).

 Les cépages interdits sont les cépages à gros rendement avec de gros raisins.

*****

D’où vient la renommée de Riquewihr, haut-lieu du tourisme ? Du vin ! Les villages réputés pour leur vin d’exception au Moyen-Âge sont majoritairement des haut-lieux du tourisme actuellement, mais il ne faudrait pas oublier d’où vient cette richesse ! D’une richesse financière tirée du vin !

A ces autres époques, durant tout le Moyen-Âge et jusqu’à la Révolution, le vin d’Alsace jouissait d’une réputation de meilleur vin de l’Empire, dont l’Alsace était la région la plus méridionale. Seuls les vins nobles étaient exportés, et ils étaient donc confrontés aux autres meilleurs vins de l’espace Rhénan; Et pourtant, les vins de terroir d’Alsace étaient des locomotives ! Ca en fait rêver beaucoup aujourd’hui, mais pour arriver à ce résultat, il n’y a pas de secret, il faut relever le niveau !

A ces autres époques il fallait donc que le vin soit réellement excellent, on ne disposait pas ni d’étiquettes ni d’une renommée faite de marques ou de délimitations AOC Grand Cru comme aujourd’hui faite entre copains; De plus, le vin n’était pas reconnu digne de son cru par tacite reconduction mais par des autorités indépendantes et multiples, qui se surcroît fixaient un prix ! C’est comme chaque année le vin passait entre les mains d’experts successifs qui chacun établit une valeur nominale au produit !

Ainsi là où on pouvait produire du vin d’excellence, on établissait des règles strictes. Evidemment seuls les terroirs d’exception étaient reconnus; Mais parmi ces critères figuraient donc les cépages autorisés au non, très probablement car très logiquement plantés les uns avec les autres c’est à dire « mélangés » sur une même parcelle.

Cet article, publié dans Médard Barth, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s