Medard Barth der Rebbau des Elsass – Le Muscat

Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique du chanoine Médard Barth publié en 1958 « der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »,  ouvrage de référence en matière d’Histoire du vin d’Alsace.

 

Le Muscat le cépage aromatique par excellence – Photo Hugel&Fils

 Le Muscat (page 87) est certainement parmi les cépages les plus précocement cités dans la littérature. On le trouve sous sa forme blanche ou rouge. Il faisait partie des cépages nobles et était réputé pour son bouquet.

On ne peut pas déterminer à quand remonte son implantation, mais à partir du 16ème siècle les mentions ne manquent pas. Par exemple dans les archives de la paroisse de Wolxheim, où l’on cite la culture de ce cépage noble pour l’année 1523 : L’évêque ordonnait que le tavernier (Stubenwirt) ne devait en aucun cas mélanger le cépage noble Muscat (Ehrenwein) avec un vin de moindre qualité sous peine de 3 livres d’amende !  Bock nous dit que sur les coteaux les plus ensoleillés pousse le Muscat.

Quant à la proportion en rouge, en 1666, on vendangea à Guebwiller 16 Ohm de Muscat blanc et 1 Fuder de Muscat Rouge.

Il semble bien qu’il s’agisse de Muscat à petits grains.

Nous comprenons aujourd’hui pourquoi et comment ce cépage était considéré comme noble. Parmi les cépages qui sont à la fois adaptés à nos climats et aromatiques que nous connaissons, les Muscats sont certainement les plus purs, qui permettent de faire un vin frais, aromatique et sec. Nos vignerons actuels savent aussi à quel point le Muscat est un raisin fragile, aussi ne sait-on pas à la lumière de l’ouvrage de Médard Barth de quel type de « Muskateller » il s’agit.

Mais le Muscat ne produit pas uniquement un vin aromatique comme souvent présenté. Quand bien mené, il donne toute la mesure de son originalité et est d’abord un vin avant d’être arômes. Hélas ils sont rares à tirer cette vérité de ce cépage, mais allez gouter les Muscat de Bruno Schloegel.

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Le poète et satiriste Jean Fischart écrivit cette chanson en 1570 :

“ Mein Treuster Bruder und Gespan
Liegt tief in einem Keller
Er hat ein hölzern Röcklein an
Und heist der Muskateller”

« Mon plus fidèle frère et équipier,
Repose tout au fond d’un cellier
Il porte une petite robe de bois
Et on l’appelle le Muscat »

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