Le vin au Moyen-Âge – les deux catégories

Nous sommes pétris d’idées reçues à propos du Moyen-Âge, aussi à propos du vin. Pour commencer, les deux catégories de vin, dont l’une était bue, l’autre produit d’export.

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Il existait deux catégories de vin. Tout d’abord, l’Hypocras n’était pas le vin du Moyen-Âge ! arggggghhh !!!

D’une part la piquette, le Hunscher (vin des Huns), le vin de tous les jours, c’était la boisson de tout le monde, car l’eau n’était souvent pas potable. Là où on puisait de l’eau des nappes phréatiques ça allait, mais autrement, non. Donc, on coupait l’eau au vin. C’était un mauvais vin, issu de cépages productifs, acide car récolté vert, vraiment très tôt de peur qu’il pourrisse, et faible en alcool (oui je sais on dirait le vin d’Alsace d’aujourd’hui, mais c’était pire car nous disposons de la technologie et des produits …). Il fallait le couper à l’eau pour le rendre buvable. On allait avec son cruchon au bistrot du coin, établissements autorisés à vendre le vin où il était stocké en tonneaux, pour acheter sa dose de pinard avant de passer à la fontaine.

De l’autre, le vin noble, celui produit uniquement sur des coteaux réputés, sous la stricte surveillance de chefs de culture au service des propriétaires attentifs, qui étaient souvent des ordres religieux et puis des seigneurs et plus tard des familles. Attentifs car c’était un produit à très forte valeur ajoutée, uniquement destiné à l’exportation, un produit qui n’était consommé que par des nobles. Pour donner une mesure, Strasbourg était jusqu’à la Renaissance une des villes les plus riches de l’Empire, c’est le vin qui était la première source de revenus par les taxes qu’on imposait. La Cathédrale de Strasbourg n’aurait pas été construite sans les revenus de ce vin noble ; Le villages viticoles comme Riquewihr ou Eguisheim doivent leurs belles rues et maisons non pas aux touristes mais au vin.

Enfin, un détour par l’Hypocras, qui était seulement une des variations de vin, comme le sont nos vins d’apéritif. Il était produit à l’aide d’épices, et les épices étaient très chères, pour divertir les gens.

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M Maupin écrivait, à Paris en 1762 (voir http://gallica.bnf.fr):

 » Tous nos vins, faute d’une suffisante maturité ont dans leur primeur et souvent bien au-delà le défaut d’être verts et jamais moelleux ; au contraire ils sont maigres, ont peu de substance propre et par conséquent ne sont ni corsés ni vineux. On ne peut pas dire non plus qu’ils aient du feu, ils ne donnent pas à l’estomac de chaleur sensible. Souvent même suivant les années et les cantons, ils sont crus, froids, lourds et indigestes. Pour ce qu’on appelle saveur, parfum, bonne odeur, vertu balsamique, en un mot tout ce qui annonce et constitue essentiellement un bon vin, un vin gracieux et vraiment bienfaisant, ce sont des qualités réservées à un petit nombre de vins choisis mais dont les vins communs sont entièrement privés. Tels sont en général les vins destinés à la consommation de la plus grande partie de la nation. »

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