Médard Barth « Der Rebbau Des Elsass » – Première mention du vignoble alsacien

Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique du chanoine Médard Barth publié en 1958 « Der Rebbau Des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »,  ouvrage de référence en matière d’Histoire du vin d’Alsace.

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A l’époque mérovingienne

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 Le vignoble à l’époque mérovingienne

Page 17 : Quand, au 5ème siècle, l’Empire Romain s’écroula sous les attaques des germains, l’Alsace fut entrainée dans le destin du monde. C’est autour de 460 que la domination romaine se délitait définitivement en Alsace, sous la pression des Alamands.

Les Alamands étaient déjà intégrés dans la population alsacienne, à ce moment-là. Cette « nouvelle » domination ne fut pas sans massacres et brimades de la population. Cependant les vallées et les collines sous-vosgiennes souffraient moins d’une nouvelle mixité avec la germanité, tandis que les plaines et le Nord de l’Alsace ont plus souffert.

Médard Barth ne l’évoque pas, mais il n’est pas impossible de faire un lien entre l’ancrage du vignoble et la relative protection qu’offrait la topographie…

 

Première mention au vignoble en Alsace

  Page 18 – Dans tous les cas, note Médard Barth, la rédaction du code civil germanique sous l’ère mérovingienne montre une étroite continuité avec les lois romaines, notamment pour ce qui concerne l’héritage de la viticulture sous la romanité, de telle manière que l’organisation du vignoble ne fut pas mise à terre, mais préservée.

Les lois mérovingiennes Lex Burgundionum (vers 500) et Lex Ripuaria (à la fin du 6ème siècle) réglementent déjà la viticulture.

Un autre témoignage d’une continuité douce entre les deux règnes se trouve dans les écrits du poète https://fr.wikipedia.org/wiki/Venance_Fortunat, qui devisait entre 567 et 580 sur les beautés des vignobles qu’il traversait, sur les mêmes emplacements que Ausonius cité plus haut.

Dans son encyclopédique Histoire des Francs, l’historien Grégoire de Tours témoigne en 589 du vignoble d’Alsace, qui constitue la première évocation écrite du vignoble alsacien.

Pendant le séjour du roi Childebert II à Kirchheim, cité gallo-romaine, on déjoua un complot visant à tuer le Roi d’Austrasie. Droctulf fut condamné aux travaux de la vigne, en tant que peine à exécuter pour sa faute (ceci ne veut pas dire que la vigne existait à Kirchheim). C’est ainsi que l’on dispose du premier témoignage de la viticulture écrite en Alsace.

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J’ai compris là la raison de l’insistance de Médard Barth à démontrer la présence d’une viticulture sous la période romaine en Alsace. En effet, tandis que pour les régions viticoles Rhénanes avoisinantes on dispose de témoignages écrits de l’activité vini-viticole, la littérature romaine n’a pas laissé de traces d’une telle activité en Alsace. Il aura fallu attendre les mérovingiens pour trouver une telle trace. La raison de l’absence de mention écrite à la viticulture alsacienne sous les Romains provient peut-être du fait que la Romains n’ont développé aucune « ville » Romaine en Alsace. Strasbourg était un camp romain, et la Trêves voisine était la Rome du Nord. Il n’ont donc pas laissé de littérature sociale, politique et juridique propre à ce qui était une petite partie de l’espace Rhénan conquis.

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