Pour faire un grand vin… – F

 

Vue sur Zellenberg et la plaine d'Alsace

Hunawihr – Alsace – France

 

Un grand vin ne se décrète pas. Il ne suffit pas d’inscrire sur l’étiquette  » grand vin  » pour que le vin soit grand. Il ne suffit pas d’être classé grand cru pour faire un grand vin. Et surtout il ne suffit pas d’être bio pour faire un grand vin. etc…

Tout d’abord, la classification des vins ne permet pas de distinguer les grands vins des autres, fussent-ils de bons ou très bons vins. La classification des vins est établie par ceux qui les font, donc elle n’a pas de crédibilité ! Oubliez donc les AOC, AOC Grand Cru, etc… la classification donne des repères, mais elle ne vaut rien à la dégustation !

Ensuite, on ne produit pas un grand vin sur un vignoble qui n’est pas exceptionnellement mis en valeur. La combinaison est complexe, elle comprend l’orientation, la déclivité, le climat, le sol, l’adéquation du ou des cépages, la conduite de la vigne adaptée au lieu et au résultat recherché, et la météo, etc…

Mais tout ceci ne produit qu’une matière première -éventuellement- de grande qualité. Pas un grand vin ! La vendange doit être manuelle, douce, et ensuite tout le processus de fabrication du vin, ce qui se passe dans la cave, doit être réalisé dans le but de faire un grand vin. Exit tous les vignerons-nature !

Mais ça ne suffit pas ! Il faut ensuite une mise en bouteille très propre, qui protège le vin car un grand vin doit posséder un potentiel de garde ! Exit là aussi les vins sans soufre !

Mais ça ne suffit toujours pas ! La bouteille doit être de grande qualité et la forme du goulot doit permettre une obturation parfaite; Le verre de la bouteille doit être sombre pour éviter que la lumière ne vienne altérer le vin ; Le bouchage doit être adapté et de très grande qualité; l’étiquette doit être belle, adaptée, sobre.

Le tout doit être parfaitement reproductible, car un grand vin n’est pas un « one shot », il est grand chaque année ! Et l’année où le vin n’est pas assez bon, le vigneron va déclasser tout ou partie de la production pour ne pas altérer l’image du grand vin ! C’est une notion très importante que trop peu de vignerons respectent.

La différence entre un bon, un très bon et un grand vin se joue dans le respect – et les détails qui semblent infimes – de tous ces paramètres (et d’autres que je n’ai pas cités là).

Si tout est respecté, on dispose ici d’un produit de grande qualité. Dès lors, le tour est joué et c’est l’exploitation commerciale qui est simplement à bâtir, à consolider. En respectant des règles simples. La politique de prix, elle, doit être cohérente. Mais à partir du moment où l’on reste raisonnable, ambitieux et régulier, tout grand vin est vite repéré par les connaisseurs, encore de nos jours.

Voilà pourquoi les grands vins sont connus et reconnus, pour le immense majorité. Ils se reconnaissent par un toucher de bouche à la fois exceptionnel et à forte identité. Le reste est prose.

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