Medard Barth der Rebbau des Elsass – L’export, la Suisse

Cette série de billets est issue de l’ouvrage
« der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »
de Médard Barth
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Le vin d’Alsace en Suisse

 La Suisse était déjà à l’époque Carolingienne propriétaire de morceaux du vignoble alsacien et soit en récoltait le fruit du commerce soit rapatriait chaque année le vin dans les abbayes et monastères suisses qui possédaient ces vignes pendant de longs siècles. Ainsi par exemple, un don de vignes de Kientzheim à l’abbaye de moniale de Zurich est enregistré en 877.

Le vin d’Alsace était aussi en Suisse le vin préféré. On trouve là aussi de nombreuses archives. En 1231 pour l’évènement de la fête de la Toussaint, on servait du vin d’Alsace dans l’abbaye de Schaffhausen, une contrée qui produit elle-même du vin.  En 1318, c’est du vin d’Alsace qu’on servait à la Reine de Hongrie en visite à Winterthur. Dans de nombreuses archives, on voit lors des anniversaires, évènements prestigieux et réception d’hôtes de marque, que c’est là qu’on commandait du vin d’Alsace. Le vin d’Alsace exporté était le vin de prestige, différencié du vin de table. Quand l’abbé-prieur visitait une ferme appartenant à l’abbaye, on lui servait « de la volaille, de la viande, du pain et du bon vin d’Alsace »…on sait à quel point la viande était chère…

De même, le vin d’Alsace était échangé sous forme d’intérêt de prêt, dont on peut juger de la cote élevée dans les archives des abbayes bénédictines, cisterciennes et autres dans toutes la Suisse, les abbayes étant de grandes propriétaires de vignes en Alsace durant le Moyen-Âge.

En Suisse aussi, comme dans l’Empire, on édictait des règlements dans les villes comme Zurich par exemple qui, en 1397, fit spécifiquement jurer aux débitants de vin, y compris femmes et enfants,  que le vin d’Alsace qu’ils servaient devait rester pur avant de le servir ! Par moments les municipalités fixaient le prix pour le vin d’Alsace, quand il devenait trop cher, pour calmer les ardeurs inflationnistes des détaillants.

Là aussi, en Suisse, on trouve de rares mentions au goût du vin, le prestigieux vin d’Alsace étant le vin doux et agréable, le vin ordinaire si acide qu’il rongeait les cruchons (1336).  On trouve d’autres sources qui interdisait de servir en tant que vin de table du vin provenant d’Alsace, ceci pour préserver la réputation du vin d’Alsace de qualité, le vin de table étant autorisé à à la coupe ou à la dilution à l’eau.

Ces récits se retrouvent aussi dans les régions productrices de vin de tout l’Empire germanique.

Ces traces ne sont pas poncuelles, Médard Barth rapporte notamment que des archives de mêmes abbayes mentionnent le paiement des intérêts en vin d’Alsace qui s’étalent de 1274 à 1510. Entre les deux, on trouve la peste, guerres et disettes, et pourtant le vin d’Alsace restait une valeur refuge, ce qui démontre que le vin d’alsace était qualitativement apprécié dans tout l’Empire germanique, contrairement à aujourd’hui où plus de 80% du vin d’Alsace se vend dans le petit quart nord-est de la France…

On parle de vin d’Ammerschwihr, du Rangen de Thann, de Gueberschwihr, Rouffach, Pfaffenheim, Niedermorschwihr, Kaysersberg, Turckheim, Wintenheim,

 

 

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