Medard Barth der Rebbau des Elsass – L’export, ses sources

Cette série de billets est issue de l’ouvrage
« der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »
de Médard Barth
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Le vin destiné à l’export était sans aucun doute le meilleur, comme l’affirme l’auteur P365. Il cite une résolution de la ville de Kientzheim qui dit que le vin destiné aux négociants, à l’export, devait être le meilleur (Edel) et que d’aucune manière il ne devait leur être vendu le vin commun (hünish).

Et en effet, (toujours P365), Médard Barth cite une plainte de 1417 déposée par la ville de Lubeck au marché de Frankfort (sur le Main), car les habitants se plaignaient d’avoir reçu du « Niederländischer wein », de faible qualité, au lieu de Oberländischer, provenant d’Alsace notamment.

Les destinataires des meilleurs vins d’Alsace étaient divers et nombreux ; Tout le Benelux, déjà, dont le marché était totalement contrôlé par Cologne.

Régulièrement, le vin d’Alsace était différencié des autres vins Rhénans. On cite ainsi que le vin provenait de Marne, d’Espagne, D’ile de France, d’Alsace et du Rhin.

On retrouve souvent le vin d’Alsace sous vin d’Ossey, Aussay, Ausay, Assay, Ausai. Le vin d’Alsace était ainsi régulièrement le vin le plus cher parmi les vins Rhénans, et aussi parmi les vins blancs. Ainsi sur la très importante place commerciale de Franckfort sur le Main, le vin d’Alsace était vraiment très cher entre 1300 et 1500 soit pendant deux siècles.

Le vin d’Alsace irriguait donc le benelux, de là il franchissait la Mer du Nord pour se retrouver, souvent, en Angleterre. M.B. cite (p367) la famille royale d’Angleterre, régulièrement friande de vin d’Alsace comme de vins de Gascogne et de Loire, leurs trois vins préférés. Notamment, une ordonnance royale de Richard II datant du 21 Février 1393 requière l’achat annuel de 1 tonne du meilleur vin d’Alsace pour sa consommation personnelle. La même ordonnance était déjà en vigueur sous le règne de la Reine Anne.

 Plus tard au 15ème siècle, on consommait en Angleterre du vin d’Anjou, de Gascogne, du Rhin, d’Alsace et de Bourgogne. On remarque ici la nuance entre vin du Rhin et vin d’Alsace  ! 

Le 22 Octobre 1440 Henri VI commandait qu’on achète une tonne du vin « le plus pur des vins doux, ou de vin d’Alsace », le choix étant laissé au fournisseur.

Les Anglais, mais aussi les grandes clientèles nobles, aimaient apparemment beaucoup les vins doux, qu’ils soient de cuves closes, gefangener, muté gefeuerter, ou gesottener wein.

En aparté on peut ajouter que des recoupements récents, retrouvés sur la toile, nous confirment que les caves londonniennes étaient remplies de vin d’Alsace et de Gascogne, respectivement du blanc et du rouge.

A maintes reprises, on retrouve le vin d’Alsace recherché comme étant du vin moelleux qui entrait en concurrence avec des vins doux du Sud.

Le vin d’Alsace était largement exporté, à partir des places commerciales de Strasbourg, Cologne, Frankfort, Lubeck, Paris, vers toute l’actuelle Allemagne, dans le Benelux, le Danemark, l’Angleterre, toute la partie Nord de la France, la Scandinavie, l’Espagne, la Russie, les pays d’Europe Centrale et les pays Baltes.

à suivre…

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