Medard Barth der Rebbau des Elsass – Unités de Mesure

Cette série de billets est issue de l’ouvrage
« der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »
de Médard Barth
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Nous parlons d’une époque d’avant le « Litre ». Sans « litre » ni ses grands et petits frères, nos esprits habitués aux normalisations (parfois excessives), il est difficile de faire la gymnastique d’esprit des conversions successives, et l’absence d’unités de mesures stables paniquera vite un esprit (qui se croit) rationnel. Mais Médard Barth relève que l’oeuf (!!!) aurait pu être la première unité de mesure de volume officielle dans l’Occident post-médiéval !

Pour mesurer le volume, chaque village mettait à disposition son « bureau des poids et mesures ». Tenu par des employés assermentés de la commune, on pouvait venir mesurer tout liquide avec l’étalon local, d’un petit contenant. C’était le « Mass », ou encore « unité de mesure ». Le mass était mis à disposition des villageois, on le trouvait généralement à la fontaine, ou le long du cours d’eau du village.

La contenance d’un Mass était variable d’un village à l’autre, autour de 1,5 de nos litres, mais parfois 1, ou jusqu’à 2 ! De là, la même unité de mesure avait des volumes effectifs (réels) variables. Mais cela n’avait aucune conséquence du moment qu’on restait dans le village, puisque tout le monde mesurait le volume dans le même étalon.

C’est à partir du moment où le vin sortait du village que les volumes devaient être lisibles. Est-il besoin de préciser qu’autrefois le vin n’était pas mis en bouteille ? le vin était transporté et même distribué dans des contenants en bois et ou terre cuite de plus ou moins grands volumes.

Pour le transport, le vin était donc versé dans des contenants plus grands. Notamment le fameux Ohm. C’est là qu’on remarque une harmonisation des volumes, autour de 45 à 50 de nos litres. Donc, si le Mass (mesure) variait d’un village à l’autre, c’est le coefficient multiplicateur qui égalisait les contenances supérieures.

Les amateurs de vin connaissent aussi le Fuder, notre foudre de vin actuel, qui tournait régulièrement autour des 1000 litres. La raison de sa contenance n’était pas liée au vin, mais à son transport, car il correspondait à 1 Carrata (latin), soit la charrette que 6 chevaux peuvent tire.

Le prix du vin était quant à lui établi dans chaque village pour chaque millésime, lors du « Weinschlag ». Par conséquent, pour un négociant qui achetait par exemple 1 foudre de vin, le prix était donc en rapport avec le volume et le prix local, pas besoin de faire de conversions multiples.

Ces principes démontrent d’ailleurs une autre manière de raisonner, qui n’est pas fausse pour autant … marrant, l’esprit des humains, non ?

Mais l’œuf aurait pu être le premier étalon pour les volumes de vin ! En effet Médard Barth cite des archives de Colmar du 13ème siècle qui mentionnent que «  50 œufs (?) valent 1 Becher (pot), 4 Becher = 1 Viertel (quart), 8 Viertel = 1 Ohm, et 21 Ohm = 1 Fuder. Tout ça à partir de l’oeuf !

Donc, si ce principe avait été retenu, l’œuf aurait pu devenir l’unité de mesure universelle, sachant que 50 œufs d’un village valent le même volume que 50 œufs du village suivant. Donc, qui de l’œuf ou du litre était là en premier ? L’œuf !!!

Mais il n’en fut pas ainsi, et il fallut attendre les suites de la Révolution Française pour disposer de notre solide litre actuel.

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