Medard Barth der Rebbau des Elsass – les vins de la merveilleuse Alsace et son commerce – le bon vin et le vin ordinaire

Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique « der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace » du chanoine Médard Barth .

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Un chapitre passionnant, et aussi parfois croustillant : Au début de deuxième partie de l’ouvrage, Médard Barth nous parle de son rayonnement, des différentes formes de vins, de commerce, de consommation et de diffusion …

Aujourd’hui, on verra que les caves des abbayes contenaient beaucoup de vin, et que le vin d’Alsace était réputé pour être un vin de garde, celui issu du milieu du tonneau…

Les caves des ordres religieux

Dans les couvents, monastères et autres abbayes, l’accumulation de vin et sa consommation pouvait souvent atteindre des sommets peu compatibles avec des notions de simplicité. (P311) Les archives et les auteurs relatent ainsi des quantités phénoménales de stock dans les grandes abbayes, et les archives montrant que ces quantités étaient aussi élevées sur parfois une dizaine d’années, on peut en déduire que la consommation et la vente de vin étaient considérables.

Vin d’Alsace vin de garde par excellence

Le potentiel de gare du vin d’Alsace était connu et reconnu … autrefois. Il était de notoriété publique que l’acidité du vin blanc Rhénan lui conférait un potentiel de garde que les vins blancs du Sud ne possédaient pas. Ainsi écrit le célèbre humaniste Jacobus Wimpfeling en 1505 « En dehors de l’Alsace existent aussi d’autres pays comme l’Égypte, la Sicile, L’Italie et l’Espagne qui sont très fertiles, leurs vins sont gras et ont de la matière et ont beaucoup de finesse, mais ne se conservent hélas pas, alors qu’au contraire les nôtres se conservent 60 ans sans se gâter, purs et à consommer par tout mortel. »

Le meilleur vin issu du milieu du foudre

En 1551 H Bock précise dans sa « Teutsche Speisskammer »  que « le vin le meilleur coule non pas du niveau bas ni du niveau haut du foudre mais bien entre ces deux niveaux ».  … on devrait donc demander au vigneron actuel de nous donner du vin qui n’est pas issu du début de la mise en bouteille ni des derniers litres !

Le vin coupé et le vin boisson noble

On pense de nos jours souvent que le vin n’était naguère que la boisson usuelle du peuple, mélangé et coupé à l’eau. C’est faux !

Le vin, tel qu’il était loué et aussi recherché, était depuis Pline l’Ancien considéré comme pur et non coupé, pas mélangé, issu des cépages nobles, et issu d’un seul millésime. Nous l’avons vu aussi par la conférence de Claude Muller que j’ai eu le plaisir d’écouter, voir ICI CLIC

C’est la « lora » le « vin-boisson » qui, lui, en effet était destiné à être coupé à l’eau, utilisé comme l’eau du robinet aujourd’hui, car l’eau n’était souvent pas potable.

Ainsi ce vin de coupe était dénommé « Oktovertee »  ou thé d’Octobre,, « Landskraft » ou force de la campagne, « Sunnglitzer » ou paillette de soleil, « Bübberi » ou piquette, « Dreimännerwein » ou vin de trois hommes, « Grattl d’Wand n’uff » ou grimpe au mur, « Racheputzer » ou nettoyeur de gosier, « Bruej » ou brouet, et même « Mischtlach » ou « Seich » que la décence interdit de traduire … etc … Et que le vin soit seulement coupé à l’eau, on disait que le vin avait coulé à travers Wasselonne, « Wasselnheim » littéralement « village de l’eau ».

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