Medard Barth der Rebbau des Elsass – les vins de la merveilleuse Alsace et son commerce – vins aromatisés

Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique du chanoine Médard Barth publié en 1958 « der Rebbau des Elsass » …

 

Dans la deuxième partie de l’ouvrage de Médard Barth nous relate de son rayonnement, des différentes formes de vins, de commerce, de consommation et de diffusion …

Le vin aromatisé

Non, le vin aromatisé tel que nous l’imaginons avec l’ « hydromel » n’était pas le vin standard mais une variante très minoritaire.

Pour améliorer le vin, on employait des aromates, au sucre et aux épices, ce qui était normal à cette époque. Déjà Grégoire de Tours (mort en 594)  précise que c’était une habitude des Francs que de mélanger le vin à de l’absinthe et du miel. On note qu’il précise qu’on mélange ces ingrédients au vin, ce qui nous indique clairement quel le vin n’était pas, tout seul, constitué de miel et ou d’absinthe. C’est encore une de nos idées reçues …

Dans les cours royales sous Charlemagne, on cite que les aromates étaient utilisés pour arranger le vin, et que le vin de pays était enrichi pour le rendre plus fort en alcool. Le sucre était très cher autrefois.  Parmi les moyens d’arranger le vin on cite le sucre, on peut déduire que la chaptalisation était déjà pratiquée ?

Ces pratiques dataient déjà des Romains et des Grecs, qui aimaient les vins doux et aromatiques. Eux aimaient arranger le vin avec miel, fruits, roses, aiguilles de pin, branches de cyprès, copeaux de cèdre, réglisse, amandes amères, raisin de Corinthe, Noix de Muscade, cumin, baies de myrtes (goût proche de celui du genièvre), des résines, des fleurs de lys, du safran, Myrrhe, Sureau, Coing, Citron, (et Barth cite la térébinthe, mais elle était destinée à la conservation)

On mentionne en 1300 en Allemagne que les aromates étaient regroupés dans un sac et plongés dans le vin.

Ces vins aromatisés étaient dénommés Lutertrank, dont on trouve notamment trace dans un écrit de 1450 par le prêtre de la Cathédrale nommé Kreutzer. Le Claret, clairet ou Vinum Claretum, qu’on adorait au chapitre de la cathédrale de Strasbourg et dont on trouve une recette (1224), Zittwannwein, Rosewin, Wermutwein, vin de sureau, etc…

Ces vins aromatisés et sucrés étaient chers et très appréciés aux tables festives et nobles, et faisaient office de Champagne au Moyen-Âge. Dans la revue d’Alsace 2010, Sabine Klapp y précise que les abesses en réclamaient et estimaient que ce vin faisait partie d’une table digne de leur rang. Un décret de la Ville de Strasbourg datant de 1363 en fixe l’enrichissement.

C’est au tournant du 19ème siècle que le goût pour les vins aromatisés s’éteint. Médard Barth précise que le goût pour les vins aromatisés n’a pas totalement disparu, puisque lors des fêtes de fin d’année on aime à boire, en Alsace, un « vin chaud », vin arrangé aux épices, au sucre et à la cannelle, ou encore en Mai avec le vin aromatisé d’aspérule ou vin de Mai, aux vertus tonifiantes et dépuratives, et dont la douceur naturelle arrondissait le tranchant des vins blancs sortant de l’hiver. La liqueur d’aspérule (Waldmeister) existe toujours.

 

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