Medard Barth der Rebbau des Elsass – Privilèges des vendanges

Cette série de billets est issue de l’ouvrage encyclopédique du chanoine Médard Barth « der Rebbau des Elsass » ou « Le vignoble d’Alsace »,  œuvre monumentale de l’Histoire du vin d’Alsace publiée en 1958 qui fait référence encore aujourd’hui …

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D’abord les vendanges seigneuriales. Vendangeaient d’abord les seigneurs et les nobles, et leur suite. Les tensions étaient nombreuses entre eux et les viticulteurs.

Là où la vigne appartenait au seigneur local, le premier jour des vendanges lui était réservé. A cette occasion, chaque demeure du village devait envoyer un homme aux vendanges. Etaient épargnées les vignes appartenant aux dénommées « Wingarten » ou Weingarten en allemand. Je ne sais pas s’il s’agit des parcelles appartenant aux ordres religieux ou aux parcelles de grands terroirs, ou – plus probablement – les deux. Les seigneurs envoyaient leurs gens et se servaient allègrement. Ce régime injuste perdura jusqu’à la Révolution.

Parfois, c’est l’Eglise qui était seule maîtresse à bord. En 1250, à Boersch, dépendant de l’évêché de Strasbourg, un émissaire de l’évêché résidait dans la ville de la St Michel, le 29 Septembre, jusqu’à la St Martin, le 11 Novembre, pour recevoir le dû en vin de la part des vignerons locaux.

 

Vendanges personnelles – p131

 

Après avoir vendangé pour le seigneur local, les vignerons pouvaient ensuite vendanger pour eux-mêmes. Entretemps, le raisin avait pris quelques jours de maturité supplémentaires. Les familles entières, cousins et amis montaient alors en masses dans le vignoble, et selon que le jus qui coulait entre les doigts était sucré, ce furent des chants joyeux qui résonnaient sur les coteaux. Le régime alimentaire n’était plus le même, on mangeait de la soupe, du cervelas, du fromage blanc Bibeleskas et un peu de lard avec un morceau de pain. C’était ripaille autrefois !

Le soir venu on rentrait à la ferme et on devait encore presser le raisin, on dînait d’une Herbstbraten et on jouait de la musique, c’est ainsi qu’est rapporté la vendange du 17ème siècle … un peu folklorique certes …

…cette vision chantante doit être pondérée par les vendanges bien moins joyeuses que connurent les vignerons en d’autres temps, temps de guerre ou d’après-guerre quand la main-d’œuvre venait à manquer, ou encore lorsque la vigne était avare en qualité et en quantité, ce qui arrivait bien plus souvent.

 

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