Les 10 Ans de l’Oenothèque Alsace un Festival de beaux vins d’Alsace

 

Thierry Meyer organisait ce Samedi 10 Septembre 2016 une dégustation pour fêter les 10 ans de son entreprise baptisée l’Oenothèque Alsace. L’occasion pour ceux qui ont un esprit ouvert de goûter à des vins d’exception dans une série d’exception.

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version courte : celui qui est le meilleur expert du vin d’Alsace depuis plus de 15 ans, qui offre sa bonne humeur et sa pertinence, nous a véritablement offert une balade gustative de 18 vins, grands et exceptionnels, pendant une séance absolument mémorable. Le prix demandé est ridicule, et la dégustation absolument superbe. Il n’y a pas grand chose d’autre à ajouter sinon que l’Alsace recèle de grands très grands vins, je radote. Nous qui dégustons toute l’année des grands vins de Bourgogne, de Bordeaux ou d’ailleurs, pourquoi les alsaciens sont-ils si fermés aux bons vins de leur région ? Mystère, mais on trouve peut-être la réponse dans l’absence de culture du bon vin, à commencer dans la profession, pardon à ceux qui œuvrent tant pour produire ces très beaux vins qui procurent des sensations que tout le monde peut approcher, s’il le veut, il suffit d’un peu de curiosité ! + en complément de cette versions courte : voyez les photos et les références des vins 🙂

 

Nous étions 18, amateurs et professionnels du vin réunis, à nous être inscrits pour cette Masterclass exceptionnelle. 2 vignerons, 2 représentants du CIVA, des blogueurs vin reconnus (euh pas moi svp) , un professeur de sommellerie etc… Point commun : nous nous sommes seulement débarrassés des préjugés qui disent que le vin d’Alsace c’est un vin léger et aromatique et-puis-c’est-tout. Pour ma part c’est Stéphane Wasser et Thierry Meyer qui m’avaient convaincu que le vin d’ici peut aussi être autre chose, et je n’ai jamais regretté ce choix, bien au contraire. C’est tout un monde qui s’est ouvert à moi ! Quand on a la chance d’habiter une région viticole, on a la possibilité d’entretenir une relation directe, sensible, concrète, avec ce qui fait le terroir. Et de toucher le grand vin ! Ce qui fait (la différence) un grand vin, c’est comme le dit Philippe Blanck l’humilité et l’humanité. C’est vrai, et c’est couillu de le dire dans un monde où dominent les chimères que sont le succès immédiat et le marketing forcené, j’aurai l’occasion d’y revenir.

Revenons à nos moutons, ou plutôt à Thierry Meyer. Ce grand amateur de vin d’Alsace en est aussi un grand ambassadeur. La méthode Meyer, c’est une grande honnêteté, et un grand engagement ; Ce sont des gages de sérieux, et ça nous change des communiqués de presse lénifiants, fussent-ils de première presse !

 

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 L’Oenothèque Alsace

 

Un colmarien (passé à l’ennemi entretemps) passionné de vin d’Alsace a développé une approche sérieuse et passionnée, en somme alsacienne, du vin : des thèmes précis, la recherche de l’excellence, l’ouverture d’esprit, et la franchise accordés pour le plaisir de tous.

L’oenothèque Alsace, c’est Thierry Meyer, le meilleur expert du vin d’Alsace depuis une quinzaine d’années.

Il a développé des dégustations à thème, des dîners prestigieux, des sélections de grands mais aussi de moins grands vins, avec comme point d’ancrage pour celui qui participe de moment « a-ha ! », ce moment d’étonnement qui intéresse, qui titille, qui éveille les sens.

Pour ma part j’ai eu notamment le plaisir de participer à des séances de dégustation et quelques dîners.

 

6 thèmes, une démonstration magistrale

Thierry Meyer nous proposait de déguster 6 séries de 3 vins à l’aveugle, de les commenter avant de découvrir les étiquettes. Aucun vin n’est à la vente, rappelons-le car trop de dégustations se font dans un objectif commercial.

Une méthode infaillible pour différentier les vins est de la servir à l’aveugle. En effet, on a tellement tendance à bien noter un vin réputé et cher que même s’il n’est pas bon on le trouvera excellent, ou on lui trouvera toutes les excuses imaginaires. A l’inverse, on sous-notera tout aussi sincèrement un vin censé être bas-de-gamme. On jure qu’on est sincère car … on l’est vraiment, en fait. Le mental est d’une puissance surhumaine. La dégustation à l’aveugle est donc une école de l’humilité.

Je n’ai pas rectifié les appréciations vers le haut ou vers le bas après avoir pris connaissance des provenances des vins. J’ai noté dans l’absolu, puisque je ne connaissais pas ni les prix ni vraiment les catégories.

Une fois de plus, non je ne suis pas dégustateur, je goûte avec mes sens, avec mes goûts à moi, avec mes humeurs, c’est totalement subjectif.

vous trouverez des billets aux notes sérieuses chez les deux autres blogueurs présents ce jour-là

Pierre  http://pierre-radmacher.e-monsite.com/pages/degustations/oenotheque-alsace/masterclass-exceptionnelle-les-10-ans-de-l-oenotheque-alsace.html

et StéphaneW sur  http://www.stephanew.com/2016/09/masterclass-anniversaire-de-l-oenotheque-alsace.html

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Thème 1 Sylvaner 2007

 

« faut-il sauver le soldat Sylvaner » ? Le Sylvaner est un cépage incroyable qui se dévoile s’il n’est pas présenté sous une bannière « Alsace ». Cultivé et vinifié soigneusement, il produit des vins atypiques qui n’ont plus grand-chose d’Alsacien.

 

Sylvaner Brandstatt 2007 JF Otter – TRES BIEN

Nez Herbacé, bouche beurrée et de belle ampleur, très sapide.

 Sylvaner Racines 2007 – E Loew – BIEN

Nez très beaux fruits mûrs ! Bouche évoluée, un peu trop de sucres résiduels à mon goût 

Sylvaner Collection 2007 – Kuentz-Bas – BIEN++

Nez très fumé, bouche d’abord très facile et charmeuse, jolis amers

 

Le Sylvaner, ce cépage dont tous les amateurs de vin d’Alsace parlent mais que peu boivent. Certes c’est vrai, mais je pense que ce vin mériterait une mise en bouteille moins identifiée « Alsace » et mériterait de se mêler à des vins d’autres cépages venus d’ailleurs, vins de Loire ou étrangers. Bien fait c’est vraiment un vin différent. Doit-on même prendre la voie du Sylvaner pour remonter le temps vers le goût du vin Rhénan d’autrefois, non pas que le cépage soit plus ancien que certains autres mais en termes de goût ? En tout cas, s’il y a un vin qui ne devrait pas du tout être identifié au cépage, c’est sûrement celui-là non ?

Hélas, la viticulture alsacienne n’en veut plus. La maison Arthur Metz prend même des mesures coercitives pour que les apporteurs de raisin n’en apportent plus. Mais en effet, c’est un vin sans structure s’il est cultivé à haut rendement, ça n’aide pas les œnologues-techniciens ; Mais à l’inverse, si ce cépage est cultivé comme il faut, il donne de merveilleux vins.

Parmi les vignerons qui en proposent de beaux spécimens, la maison Boeckel, Lucas Rieffel, Clément Lissner, Agathe Bursin, François Schmitt, Josmeyer etc …

Mais au final, ne vaut-il pas mieux que tous les mauvais Sylvaner disparaissent du paysage du vin pour que seul le bon Sylvaner subsiste, laissant ainsi place à un futur vin rare, distingué et recherché ? Un joli pari, qui serait un pied de nez à tous ceux qui, nombreux dans le vignoble, ne raisonnent qu’en terme de rendement !

Thème  2 Riesling 2007

Beau millésime très propice à la formation de botrytis, 2007 est actuellement dans une phase d’apogée pour certains vins.

 Riesling Clos Windsbuhl 2007 – Domaine Zind-Humbrecht

Nez intense, fume, beurré, Bouche sèche, minérale et même salée, belle structure TRES BIEN.

 

Riesling Grand Cru Schlossberg Cuvée Ste Catherine 2007 – Domaine Weinbach

Nez prétoleux, un déploiement en bouche d’une longueur exceptionnelle dans une harmonie superbe, c’est gras à souhait, EXCEPTIONNEL !!!

Riesling Schoelhammer 2007 –  Hugel & Fils

Nez fin mais élégant, bouche plus grasse, d’une bonne complexité (riche en arômes et sensations) mais pas très long TRES BIEN 

 

Thème  3 Riesling 2005

 Le millésime encensé s’est fait longtemps attendre avant de dévoiler ses vrais charmes. Un joli millésime avec cependant des acidités faibles. Qu’est-ce que ça donne 11 ans après ?

 

VIN PIRATE – Puligny-Montrachet Les Pucelles 2005 – Domaine Leflaive

Nez exceptionnel de puissance boisée, qui prend vite le dessus. Une bouche d’une largeur exceptionnelle, avec de beaux amers. Noté EXCELLENT ; Ce vin s’écroule assez vite cependant.

 

Riesling Grand Cru Pfingstberg Paradis 2005 – Domaine François Schmitt

Nez superbement tourbé, bouche d’une grande élégance, d’une complexité charmeuse, causant, humain, soutenu par une jolie acidité EXCELLENT

J’ai trouvé là LE vin de la série, car son rapport qualité-prix est proprement stratosphérique !

 

Riesling Grand Cru Rangen de Thann 2005– Domaine Zind-humbrecht

Nez très beau, plus évolutif, bouche saline, beaux amers, TRES BIEN ;

 

Série piégeuse à souhait ! le vin de Bourgogne, mis en face de deux vins d’Alsace pourtant « travaillés » en cave, montre que l’Alsace a encore des progrès à faire en ce qui concerne l’élevage. Cependant le vin blanc de Bourgogne est nettement plus lourd que l’Alsace et sur la durée d’un repas l’Alsace prendrait vite le dessus.

 

 

Série 3 Le piège ! 3 Riesling 2001

 

Le vin d’Alsace le plus cher est-il aussi sensiblement le meilleur lorsqu’il est servi à l’aveugle ? Suspens …

 Riesling Clos Ste Hune 2001 – Trimbach – BOF

Nez ? ,  Bouche bof bof.

 

 Riesling Clos Eugénie 2001 – Domaine Boeckel – BIEN+

Nez d’eucalyptus, bouche plus longue avec une belle structure, peut-être un peu sur le déclin ?

 

 Riesling Frédéric-Emile 2001 – Trimbach – BIEN-

Nez net, jolie bouche mais pas d’une grande longueur.

J’ai été déçu par ce Frédéric-Emile, que j’avais dégusté nettement mieux que ça.

 

J’ai eu du mal avec cette série, après la précédente qui était celle de vins très travaillés et très expressifs. Piège pour l’amateur que je suis. Ici on avait affaire à des vins aux profils plus classiques.

J’ai d’abord noté les 3 vins. Mais Thierry Meyer nous a alors dit que « Clos Ste Hune » se cachait parmi les 3 vins. Stupeur dans la salle (j’ai trouvé). Puis petit à petit la majorité pensait au vin N°2, d’autres émettaient aussi de impressions positives sur le vin n°3. Mais personne n’avait plus pensé au vin n°1, enfin je n’ai pas noté cela. Et pourtant… Après avoir dévoilé les étiquettes, le silence envahit la salle. C’était bien le vin N°1.

Ensuite, ceux qui le voulaient ont pu émettre les « arguments » qui tentaient de rattraper, excuser, expliquer la notation faiblarde de Clos Ste Hune, le vin d’Alsace le plus cher avec ses 140 euros par bouteille. Comme d’habitude dirais-je, car ce n’est pas la première fois que ce vin se ramasse une tôle à l’aveugle. Et c’est d’ailleurs pour la seconde fois que « Clos Eugénie » un vin vendu moins de 20 euros qui lui fait la nique.

En tout cas c’est rigolo comme on peut discuter tous ensemble, moi y compris, de la validité d’une mauvaise note pour un vin réputé, alors que s’il s’agit d’un petit vin d’un vigneron inconnu, on passe au suivant sans état-d’âme, car quand le vin n’est pas terrible eh bien il n’est pas terrible et puis voilà.

Mais un vin à ce point cher est-il forcé d’être le meilleur d’un point de vue gustatif  ? On y met d’abord le prix parce qu’on en a les moyens, parce qu’on achète une étiquette, pas un vin. Mais de là à être moyen … c’est moyen …

J’ai mis un « bof » oui, c’est juste comme ça que je l’ai ressenti.  


Surprise : Trimbach Clos Ste Hune Vendanges Tardives 1989

Un très, très beau vin, pas dans le genre « formule 1 », bien au contraire, avec de la profondeur, une ampleur, une expressivité franche, on n’a pas besoin de chercher pour trouver des qualités « à se taper le cul par terre » de ce superbe vin, il est juste EXCEPTIONNEL

 

 

Série 5 Le vin d’Alsace ne se conserve pas …

 

Les idées reçues sont tenaces au pays du vin inné. Les vignerons eux-mêmes n’ont souvent pas idée à quel point le bon vin d’Alsace se conserve parfaitement bien. Evidemment, un petit vin ne se garde pas. Mais un vin très bien fait se conserve. Cependant, les vins actuels ne se garderont peut-être pas aussi bien que les vins de la décennie de 1960, en rapport avec des méthodes culturales différentes, ainsi que l’apport de conservateur sensiblement réduit.

Ici trois jolis vins issus de terroirs, qui tiennent bien la route.

 

Pinot 1967 Domaine Cave Coop de Beblenheim (provenant de l’actuel Grand Cru Sonnenglanz)

Beau vin très harmonieux, aux notes fruitées léger mais salin. BIEN

 

Riesling Schlossberg Pierre Sparr 1967 

Belle structure, vin encore jeune doté d’une belle acidité, très long, élégant, salin TRES BIEN ++

 

Gewurztraminer Eichberg Paul Ginglinger 1966

bouche sur le fruit d’une très jolie longueur, iodé, hélas affecté par un goût de liège, non noté.

 

 

 

Thème 6 Le Botrytis révélateur de certains grands terroirs

 

Grand Cru Altenberg de Bergheim 2005 – Domaine Marcel Deiss – EXCELLENT

Nez très nettement sur la tarte à la mirabelle, énorme bouche sur une finale fine. A la reprise ( 5 minutes dans le verre) c’est encore meilleur.

 

Clos Windsbuhl Vendanges Tardives Gewurztraminer 2005 – Domaine Zind-Humbrecht – TRES BIEN

Nez d’eau de vie de framboise. Bouche citronnée, belle bouche souple.

 

Altenbourg Sélection de Grains Nobles Gewurztraminer 2010 Domaine Weinbach – EXCELLENT

Nez discret, bouche déployant sur une grande longueur une grande complexité sur des arômes lactées, puissant, riche mais cristallin.

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 Des trois vins de surmaturité j’ai nettement préféré le premier, moins écrasé par le sucre quand même. Je me projette à table et surtout si mon verre était rempli, est-ce que j’en voudrais encore ? Même pour des grands vins, c’est parfois difficile.

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S’en est suivi un échange d’idées … un grand vigneron présent pense que le grand vin, c’est une question d’humilité et d’humanité. C’est très sympa de le dire, dans ce monde où même l’amateur de vin est sommé de ne parler que de succès, chiffres, marketing, et de briller !!!  

Certains semblent d’accord sur le fait qu’il y a un cruel manque de culture du vin d’Alsace … ( heumm …)

Conclusion : Ce dixième anniversaire était un festival de vins sublimes, superbes, excellents, dans des trios bien pensés et cohérents, tout était parfait.

Le niveau était attendu comme étant élevé, eh bien malgré cela je n’ai jamais dégusté une série de vins avec autant de plaisir « TRES BIEN » , « EXCELLENT » et « EXCEPTIONNEL », Thierry Meyer nous a fait ici un très, très beau cadeau, avec une des plus belles séries de vins qui m’ait été donnée de déguster. Merci infiniment à lui pour ce superbe moment qui restera dans nos mémoires.

Champion de la série, meilleur rapport qualité / prix : Riesling Grand Cru Pfingstberg Paradis 2005 – Domaine François Schmitt – EXCELLENT

Le plus Grand Vin de la série  : Grand Cru Altenberg de Bergheim 2005 – Domaine Marcel Deiss

Le meilleur Domaine ! Le Domaine Weinbach qui place des vins d’exception, et qui le fait presque dans la discrétion, avec une régularité magisterale c’est une grande valeur sûre !

Une mention particulière au Trimbach Clos Ste Hune VT 1989, superbe !

voir aussi les billets de …

Pierre  http://pierre-radmacher.e-monsite.com/pages/degustations/oenotheque-alsace/masterclass-exceptionnelle-les-10-ans-de-l-oenotheque-alsace.html

et StéphaneW sur  http://www.stephanew.com/2016/09/masterclass-anniversaire-de-l-oenotheque-alsace.html

 

 

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