SALON DES VINS BIO ALSACE – 1er MAI 2013 – CR – F

C’est un rendez-vous traditionnel, le

Salon des vins bio 2013 à Kientzheim, le 1er Mai.

Brèves impressions d’un salon qui n’a fait pas le plein de Grands Vins, ni de sensations…

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Les enfants jouaient à cache cache dans le foule compacte, on a failli en perdre deux d'ailleurs

Les enfants jouaient à cache-cache dans le foule compacte, on a failli en perdre deux d’ailleurs…

Pour les pressés :  Un horaire d’ouverture trop tardif pour déguster en matinée – mais bien pour prendre l’apéro – un verre cheap, une seule salle qui fut très vite comble, voilà pour le cadre un peu décevant.

Pour les vins, un classement -amateuriste- des vins par sucrosité qui ne permet pas d’aborder les vins de terroir. Ensuite, l’absence très visible de la quasi totalité des meilleurs « bio » de la région affaibli l’ensemble. Enfin, seul intérêt réel, les vins allemands bio qui proposent désormais des cépages résistants aux maladies mais sans aucun intérêt gustatif.

Au final un moment décevant à oublier vite fait pour attendre l’édition 2014.

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L’ouverture des portes eut lieu à 11 heures. autant dire que les vitis ont pu prendre leur temps. Pour qui veut déguster les vins en matinée sans prendre tout le 1er Mai pour ce salon, c’est un peu dommage.

L’entrée était 5 €, c’est pas cher, et un verre Inao offert … ouif, INAO à bord trop large, c’est mauvais pour la dégustation, ça donne une image « cheap » … dommage.

Les vins étaient répartis en 6 « tables » dans une seule salle, ce qui est un espace trop restreint. Comme d’habitude, il y a ceux qui s’agglutinent devant les vins, en groupe et venus pour prendre l’apéro, faisant mine d’avoir des œillères. Et quand au bout de 5 minutes d’attente tu leur demande pardon, ils te regardent comme si tu avais fait offense à la Reine d’Angleterre… dommage que les vins n’aient pas été répartis sur deux étages.

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Table des Vins de Cépage : j’ai zappé, trop de monde. Comme indiqué, ce sont des vins de cépage, et le vrai amateur de vin s’intéressera aux vins de terroir…

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Table des vins de terroir : Voilà les vins qui signent le terroir. A première vue, quelle diversité ! Hélas, la lisibilité de la table était proche du zéro. Ces vins n’étaient pas classés par type de terroir, et leur dégustation dans l’ordre proposé ne permettait pas de découvrir les terroirs. En effet, après avoir cherché, je me suis finalement aperçu que les vins étaient bêtement classés en fonction du cépage et en fonction des sucres résiduels. Sans tenir compte ni du type de sol, ni du millésime ! Or, un vin qui possède une acidité conséquente et des sucres résiduels semblera plus sec qu’un autre qui n’a pas de sucres mais dont l’acidité est faible. De fait, je ne comprends pas ce choix de présentation, c’est un peu une habitude en Alsace … mais bon, c’est bien pour que chacun, sucré ou pas, trouve son vin d’apéro …

Mentions très bien à

* au « Côtes d’Ammerschwihr », un vin de complantation de Audrey et Christian Binner. Quel dommage que la mise en bouteille des vins Binner ne permette pas aux vins de voyager et d’être appréciés par le consommateur, même « amoindris » par le conditionnement ça n’en resterait pas moins des superbes vins.

* au Rotenberg du domaine Marcel Deiss, qui a dominé l’assemblée. Mais avec un vin qui peut voyager, celui-là.

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Table des Grands Crus : Le top de l’Alsace. On a affaire là aux vins classés en Grand Cru, qui sont désormais 51 Grands Crus différenciés, ce qui permet de vraiment les mettre en valeur. Chacun trouvera ses préférences, ce sont des vins qui ont plus de personnalité, on sort du vin commun pour aborder le vin de gastronomie ! On constate à cette table plus qu’aux autres le faible nombre de grandes maisons « bio » de la région. Et le simple fait qu’ils soient bio ne suffit pas à donner une crédibilité à la mise en valeur supposée du grand terroir et dans leur qualités gastronomiques.

A cette table-là, les deux vins de la maison Louis Sipp ont nettement survolé l’ensemble de la classe. Y’a pas photo (comprenne qui pourra…). Cette maison met actuellement en vente les vins issus du beau millésime 2010. Leur précision est exemplaire, la vinification et la mise en bouteille ne souffrent d’aucun amateurisme.

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Table des Crémants : 4 ou choix…que dire, sinon que ces vins ont servi à se rincer la bouche.

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Table des Pinot Noirs : Pas mal de déceptions, je dois avouer. Il y a encore de gros progrès à faire, et les beaux rouges alsaciens restent des exceptions.

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Table des Vins allemands – la table la plus intéressante ?

J’ai d’abord gouté les vins bio classiques, dont certaines très bons, et qui possèdent là la minéralité qui manque habituellement tellement aux vins allemands. Très intéressant, car les allemands sont nettement plus sérieux sur les critères qualitatifs, alors si en plus le vin est bon, que demande le peuple !

Ensuite j’ai bu les vins issus de cépages résistants, des nouveaux cépages sortis des laboratoires pour résister (partiellement) aux maladies (on doit quand même traiter, m’a-t-on expliqué).  Eh bien, gustativement parlant, ces vins n’ont aucun intérêt, ils ne sont pas « bons ». Mais voilà, c’est une première étape, et l’objectif était de confectionner des cépages qui nécessittent de traiter moins. Pour qu’ils soient aussi bons, et c’est comme ça que ça se passe en Allemagne, il eut fallu écrire dans le cahier des charges que ces cépages nouveaux doivent aussi capables de produire des vins bons. Mais nos cépages « traditionnels » actuels ne sont pas non plus des variétés de raisin naturelles, par conséquent laissons quelques années à ces nouveautés pour se dégrossir, puis se perfectionner, et aux vignerons de s’y adapter.

Mais cette recherche de vins résistants aux maladies est à l’opposé de la nécessité d’un meilleur équilibre écologique, seule manière de produire un vin « bio » qui transporte l’idée empruntée aux notions d’écologisme. Le vin vraiment bio aura besoin de moins d’intervention humaine contre les maladies, les maladies ne sont que les manifestations des déséquilibres. Pour parler de vin bio, il faudra donc parler bien d’autre chose que seulement des produits de synthèse, et se rapprocher de ce que font des gens comme Bruno Schloegel ou encore Florian Beck Hartweg.  Et le vin bio, par nature, ne peut donc pas être issu d’une monoculture, et encore moins d’un vin de monocépage. Pas étonnant que les vins Binner et Deiss soient ressortis…

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Conclusion ?

Comment conclure ? humm…on va faire court : J’attends l’édition 2014.

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Une vendeuse allemande écoute patiemment un consommateur Français lui expliquer ce qu'est un bon vin..

Une vendeuse allemande écoute patiemment un consommateur Français lui expliquer ce qu’est un bon vin..

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Un commentaire pour SALON DES VINS BIO ALSACE – 1er MAI 2013 – CR – F

  1. J’aurai aimé avoir des commentaires à propos de ces cépages résistants qui me semblent à l’opposé d’une philosophie de recherche d’équilibre écologique et qui se contentent de lutter contre les maladies dans un systme qui reste déséquilibré.

    C’est un peu ce que je souhaite parfois pointer : « bio » ne veut pas dire « écolo », cette dernière option serait plus crédible même si on comprend qu’économiquement nettement plus dificile.

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