(F) Présentation au Domaine MARCEL DEISS – Mai 2012 (reprise de billet)

Ces 17 et 18 Mai 2012, le domaine Marcel Deiss s’est plié en 4 pour une opération portes ouvertes instructive pour l’amateur de vins fins et pour tous les épicuriens, qu’ils soient d’ailleurs ou non amateurs des vins de la maison.

 

***

 

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Les portes ouvertes d’un domaine viticole sont classiquement l’occasion pour la clientèle de déguster les vins en vente. Ces opérations à but essentiellement commercial sont plus ou moins intéressantes pour l’amateur de belles et bonnes choses. Je me suis rendu à mes premières « portes ouvertes » au domaine Marcel Deiss, avec une idée en tête. Mon idée était de comprendre mieux le vin de terroir.

 

C’est un hasard si je commence – enfin – ma nouvelle quête par le domaine Marcel Deiss, connu pour être le pourfendeur du « culte du vin de cépage unique ». Après d’âpres batailles, y compris judiciaires, Jean-Michel Deiss a fait plus qu’avancer le schmilblick en la matière. L’Altenberg de Bergheim fut (si je dis vrai) le premier Alsace Grand Cru à officialiser la complantation des cépages alsaciens.

 

 

Balade instructive

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Jean-Michel Deiss a emmené le public présent dans les vignes, là où se fait le vin. Certaines chapelles prônent la seule dégustation / consommation ; Mon opinion serait plutôt que le vin mérite bien plus d’attention que seulement celle du verre. La connaissance, même succinte, du terrain, fait partie de la culture du vin. Jean-Michel Deiss est un conteur, et quand il vous emmène dans les coteaux du vignoble, c’est à une balade poétique qu’il vous convie. Je reviendrai plus amplement sur ce grand cru ultérieurement…

 

deiss 0007Rare : à gauche et à droite, deux cépages différents, visez le dessin des feuilles.
lorsque situées sur la même parcelle, « mélangées », on parle de complantation.

 

Degustation

 

Les portes ouvertes sont faites pour ça : nous avons pu découvrir les vins, ou en approfondir l’approche…mes quelques notes me disent notamment…

 

 

Vins de Fruit ou vins de Cépages

 

En premier lieu, j’ai fait connaissance avec les vins « de fruit » communément dénommés « de cépage », mais sacrément revus selon moi, et mis en valeur.

 

« Alsace » un assemblage de belle facture qui rejoint les rares « Edel » que je connaisse, trop peu nombreux. Je rappelle que Edel veut dire « noble »…hélas, dans le vocabulaire du vin d’Alsace, ce mot a prit une connotation toute inverse…quel dommage.

Le Muscat offre un profil de grand vin, comme les cépages (tous des Muscats) y invitent, sans l’explosion croquante de raisin frais qu’on trouve sur le Muscat d’Alsace qui font le bonheur des après midi de printemps, mais avec une matière construite et une profondeur digne des grands Muscats. Ce Muscat 2009 offre une très belle minéralité.

J’ai retenu aussi un Gewurztraminer qui offre ce plaisir ineffable de donner sur une fine rose prononcé MAIS SANS ce caractère entêtant qui se retrouve si souvent dans les gewurz. Le vin (de 2008) offre une structure et un équilibre bien supérieurs à bien des grands crus sur ce même cépage.

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Couleurs Rouges

 

Passons aux Rouges : Les rouges Deiss sont … sauvages, et j’en connais un certain nombre qui ont du mal à les apprivoiser, ou alors à approcher ces sauvageons  🙂

Ils devraient commencer par « Alsace Rouge », qui offre une porte d’entrée vers Burlenberg. Ce dernier était à déguster sur 2006 et 2005. Si les tannins du 2006 sont encore à mûrir, la version 2005 m’a totalement séduit, d’entrée de jeu, avec un équilibre et un soyeux somptueux.

 

Vins de Terroir

 

Voici les vins du domaine Marcel Deiss que je connais le mieux. Ici, quelques vins étaient en dégustation sur deux millésimes, ce qui m’a permit de tenter de mémoriser le « paysage » de chaque vin.

 

Eh bien, il ne vous étonnera pas que certains terroirs sont plus aisément mémorisables et reconnaissables. Rotenberg, Burg, ou Schoffweg, pour des raisons différentes, sont pour moi des terroirs plus facilement identifiables.

Cependant Engelgarten commence à rentrer dans mon crâne, tout comme Grasberg…petit à petit, ça vient.

L’étonnant Langenberg m’a paru plus timide sur 2009 que le 2011 dégusté la veille, mais son profil est clairement défini. Ceci dit, je ne parierai pas sur une reconnaissance à l’aveugle…  🙂

Je souhaiterai qu’on présente plus souvent le vin de caract-re par terroir et non par cépage. C’est comme ça aussi que le public intégrera la noblesse des terroir alsaciens, et rien n’empêche de présenter les vins de cépages auparavant.

 

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Grands Crus

Les Grands Crus, justement, on y arrive, sont-ils encore plus marqués par le terroir ? A priori je dirai oui, ça parait logique. Pour ma part, les marqueurs du « vrai » Schoenenbourg se retrouvent dans l’édition 2008 dégustée ici. J’ai été dérouté par Mambourg 2009, d’une sécheresse absolue. Quant à l’Altenberg, il brillait mais je ne connais pas hélas suffisamment ce terroir.

 

Divines Verrines

 

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Cependant, le summum de ma virée aux portes ouvertes se trouvait encore plus loin, dans la salle consacrée aux accords des vins Deiss avec les plats…avec les verrines préparées par le restaurant « La vignette ».

Attention appréciée, on nous laissait à disposition les recettes pour préparer chez soi des plats. Les accords laissent apparaître des paysages : le premier franc, frais et précis, le deuxième complexe, dissimulé derrière les vagues et les écumes et qu’il faut mériter, et le troisième, doux, tout en velouté…

 

Les vins de patience – vins de surmaturité

 

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Après un petit tour en cave avec Mathieu qui emmenait un petit groupe pour déguster un vin directement sur le foudre, je termine par les vins de surmaturité. Pour désigner ces vins, j’aime bien ce terme de vin de temps. A mes yeux, ces vins-là méritent encore plus que d’autres de laisser passer le temps avant de les boire, pour les formidables complexités qui se dégagent quand enfin les sucres se fondent. c’est comme ça que les « sucrettes » me plaisent vraiment. Mais là, j’ai été bluffé par le Pinot Gris Sélection de Grains Nobles 2005, qui possède la (rare) classe des grands  liquoreux alsaciens, sans être écrasé par les sucres. Magnifique final !

 

 

***

 

deiss 0029La parcelle du grand Cru Altenberg de Bergheim qui a valu un procès à JM Deiss, complantée de l’ensemble des cépages alsaciens.

 

En conclusion, je dirai que oui évidemment, j’ai goûté à des vins excellents, parfois sublimes à mon goût. Mais l’impression que m’a laissé cette « porte ouverte » Deiss c’est d’avoir été « nourri », et même rassasié de belles sensations.

Quant à ma quête de connaissance des vins de terroir, il faudra y revenir maintes fois, que ça soit chez Deiss ou ailleurs.

Mais comme toujours dans les grandes maisons qui savent accueillir le client – et l’Alsace est forte pour cela – je dirai qu’on reviendra pour d’autres ivresses des sens !

 

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