Samedi 18 Juin 2011, Colmar
Masterclass Eté 2011

 

 

Organisées dans un but pédagogique autant que ludique, les masterclasses de l’Oenothèque Alsace sont ouvertes à tous les amateurs de vin. Les vins sont servis à l’aveugle par thème.

 

Les veinards qui s’étaient inscrits pour cette Masterclass d’été ont parcouru deux thèmes. Le premier portait sur les surprises du millésime 2009, l’autre faisait un retour sur 2006.

 

Dégustation à l’aveugle, verres Inao, salle de dégustation Wolfberger, Colmar (excellent endroit pour déguster le vin). Comme d’habitude, mes commentaires n’engagent que moi, ils sont de l’ordre des sensations produites et portent sur le vin d’une seule bouteille.

 

 

Les 2009 en bouteille

 

Les Alsace 2009 sont dans les rayonnages et voici venu le temps de porter un avis plus complet sur ces vins. Il sont souvent notés comme « mous du genou » par les amateurs de vin d’Alsace comme moi, mais il faut savoir porter les nuances nécessaires et ne pas généraliser le jugement.

 

Les notes de dégustations de Thierry Meyer lors des sélections pour le guide Bettane & Desseauve du mois de Janvier de cette année révélaient des surprises pour ce millésime qui n’est pas le plus emblématique de l’Alsace. Avec une arrière saison très chaude et sèche, le moment des vendanges a souvent été très délicat à cibler et le compromis entre maturité physiologique et maturité en sucre était difficile à trouver. Par contre, le Sylvaner, cépage tardif, a tiré son épingle de ce jeu…

 

Thierry Meyer écrivait en Janvier 2011  »  les 2009 ont été récoltés très mûrs mais souvent vinifiés secs, par volonté ou par simple travail des levures, donnant des vins au niveau d’alcool parfois élevé. Le déficit d’acidité rencontré sur certaines cuvées ne supporte en outre pas un niveau trop élevé de sucre résiduel, a fortiori lorsque la vendange était précoce. 

Les vins de terroir drainant (granit, grès) dévoilent une salinité plus faible qu’en 2008, contrairement aux vins de terroir marno-calcaire ou calcaires souvent plus équilibrés. 2009 est donc souvent réussi sur les cuvées récoltées tardivement.

Sur le sylvaner, cela donne des cuvées élégantes sans surmaturité, qui vieilliront très bien. 

Au final 2009 est un millésime de compromis, tant le décalage était grand entre la maturité physiologique et la maturité en sucre. La philosophie de chaque domaine a influencé le style donné aux vins. »

 

 

***

 

Masterclass-Juin-2011-1.jpg

 

1 -Pinot d’Alsace 2009 – Dom Emile Schillinger, Gueberschwihr, 4,8€

Premier Nez sur la pomme, puis nez suivants sur les fruits mûrs, la pêche et le caillou

Bouche : une attaque fraîche, une bouche gourmande et une finale avec une acidité sufffisante, un beau vin.

TRES BIEN

 

2 -Sylvaner Bollenberg 2009 – Dom. Welty à Orschwihr – 4,7€

Nez sur la poire

En bouche, évolution toute en longueur, avec du gras, un vin bien fait

BIEN

 

 

3 -Sylvaner 2009 – Dom. René Kientz à Blienschwiller – 5,3€

Nez frais sur un peu de sous-bois

Bouche plus légère mais bien épicée sur la baie de genièvre et le poivre noir en finale

BIEN

 

 

4 – Sylvaner Meissenberg 2009 – Dom. Camille Braun à Orschwihr – 6€

Nez sur l’alcool de fruit

Bouche donnant sur la levure de bière, mais le tout est un peu léger

BIEN

 

5 – Sylvaner 2009 – Dom Joseph Gruss à Eguisheim

Nez frais et fruité

Bouche très bof, aqueuse. Suspicion de défaut

BOF

 

6 – Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2009 – Dom A Gilg à Mittelbergheim

nez sur l’alcool de fruit, le fruit macéré, mais un beau nez complexe

en bouche une belle évolution, et d’une belle longueur, et un peu de crayeux sur la finale

TRES BIEN !   

 

 

En conclusion , en effet on fera confiance au Sylvaner en 2009, ça n’est pas pour déplaire au défenseur de ce cépage méprisé que je suis.

 

 

***********

 

 

Retour sur 2006…

 

Cette année-là, tout avait bien commencé. Les raisins avaient bénéficié d’excellentes conditions météo … jusqu’aux épisodes de pluies tropicales qui ont eu lieu à partir du 17 Septembre. Ces pluies chaudes entrecoupées de soleil ont littéralement éclaté les baies de raisin, et la pourriture s’y est développée d’une manière catastrophique. A partir de là, certains paramètres ont fortement joué : les grappes aux raisins moins serrés, les vignes moins fournies en feuilles, et les cépages à peau épaisse comme le Gewurztraminer, le tout sur des sols plus drainants, ont mieux résisté à ces conditions catastrophiques.

 

 

Retour sur les 2006 pour montrer

que tous les vins ne sentent pas le champignon pourri…

 

 

ROUGE

 

1 – Pinot Noir Grand P 2006 – Albert Mann à Wettolsheim  + de 30 euros

Premier nez puissant, animal, de boite à cigare, de belles épices

Bouche : le crayeux lèche les babines de tanins soyeux, un vin plein de personnalité, mais qui ne m’interpelle pas.

BIEN+ 

 

 

2 – (pirate) VOLNAY « Santenots » 2009 – Dom. Buisson Charles

Premier Nez sur un léger fruité

Nez suivant sur le fruité, sur un peu de kirsch

Bouche : les tanins sont franchement asséchants, on ne s’attend pas à ça en plus, et ça n’est pas agréable.

BOF. Je crois pouvoir dire que je n’étais pas le seul à trouver à ce vin des tanins asséchants.

 

La Bourgogne ne sort pas intouchable de ce faux duel puisque les vins étaient servis à l’aveugle dans une thématique alsacienne.

 

Masterclass Juin 2011 2

BLANC

 

 

3 Pinots

 

Pinot Blanc 2006 – dom. Weinbach à Kaysersberg

Pinot Gris 2006 – Dom Klee à Katzenthal

Pinot Gris grand Cru Eichberg 2006 – Dom Paul Ginglinger

Les deux premiers vins ne m’ont pas convaincu de l’absence de marqueur du millésime, puis notre plaisir fut gâché par un fort goût liégeux sur dernier de cette série. Dommage.

 

Masterclass Juin 2011 3

 

 

2 Riesling sur 2006

 

Riesling Réserve 2006 – Trimbach à Ribeauvillé

Nez de Riesling, fruité

Bouche sur un peu de champignon, mais reste buvable.

BOF

 

 

Riesling Grand Cru Kessler « Heisse Wanne » 2006 – Dom Dirler Cadé à Bergholtz

Nez de pierre et de poussière, de fumée de cigarette

Bouche plus nette, un vin fin et élégant, pas tout à fait sec c’est dommage

BIEN seulement, à cause des sucres résiduels

 

Une surprise

 

Muscat grand Cru Mambourg – Dom Maurice Schoech – Ammerschwihr

Un superbe Muscat tout de buis très fin au nez

avec une belle bouche mais on ressent quand même un peu le champignon.

Non noté car il faudra absolument goûter ce vin sur d’autres millésimes.

 

 

2 vins mûrs

 

Gewurztraminer Grand Cru Altenberg de Bergbieten – Dom Roland Schmitt à Bergbieten

Nez de Gewurz mûr,

En bouche le vin est sec, citronné, superbement équilibré

TRES BIEN

 

Pinot Gris Vendanges Tardives Breitenberg 2006 – Dom Boesch à Westhalten

Nez levurien, de fumée de cigare,

Superbe bouche donnant très nettement sur l’abricot, avec du gras, riche et onctueux, et une acidité qui souligne le vin.

TRES BIEN

 

 

Conclusion : En effet, 2006 n’est pas toujours de champignon pourri, mais le marqueur du millésime reste souvent présent et les Gewurztraminer s’en sortent très bien et j’ai récemment encore ouvert un Riesling « Andlau » 2006 de Guy Wach (domaine des Marronniers) dépourvu de ce marqueur. Cependant les 2006 « épargnés » que j’ai bu, chez moi ou ailleurs, sont souvent marqués par des sucres résiduels assez hauts.

 

*******

 

Encore une belle séance de découvertes avec l’Oenothèque Alsace.
Ces Masterclass sont toujours des moments de découvertes qui valent vraiment le détour, surtout pour la modique somme demandée.

Merci à Pierre de m’avoir filé ses photos

 

***

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