MASTERCLASS DE PRINTEMPS 2011 AVEC L’OENOTHEQUE ALSACE

19 Mars 2011 – Colmar

Je ne cesse de le répéter : ces séances ouvertes à tout public devraient déborder d’inscrits, le fait que ça ne soit pas le cas semble démontrer que le Français amateur de vin n’aime pas le vin mais les étiquettes… Thierry Meyer a une fois de plus fait la démonstration que notre région viticole compte parmi les meilleurs vins blancs du monde, à partir du moment où on s’intéresse au vin de qualité et donc en sortant du béni-oui-ouisme cultivé par les instances viticoles locales…

 *****

Dégustation (généralement) par paires et à l’aveugle

***

4 thèmes étaient abordés

**

 

 

I    Les ambassadeurs du vin d’Alsace à l’étranger

Ils représentent un volume important et pourtant les amateurs de vin les connaissent peu; Ce sont pourtant eux qui font rayonner le vin d’Alsace de par le monde. Rien que le « Gentil » Hugel (assemblage de cépages) est tiré à 500 000 bouteilles, ce qui laisse des possibilité pour répondre aux besoins des importateurs. Voilà un clé pour l’avenir.

 

 

1 – Gentil Hugel 2008

Premier nez : typé Alsace

Nez : un peu champignonnez

Bouche : Une bonne attaque, une bonne acidité, puis un peu de gras et une finale citronnée

Un archétype qui est sûrement un parfait représentant de nos vins, même si évidemment le palais de l’amateur averti n’accroche pas forcément mais la personnalisation n’est pas le but du vin. j’ai noté ‘ »ce pourrait être un Gentil Hugel »

BIEN

 

 

2 – Riesling Trimbach 2008

Premiez nez : typique alsace, mais pétrolé

Nez pierreux avec des notes herbacées

Bouche : Une grosse acidité, du citron vert, ça ressemble à un Riesling très standardisé, j’ia noté « ça pourrait être du Trimbach ».

BIEN

 

Alors évidemment, ce genre de dégustation n’est pas la plus fun, ni surtout la plus surprenante pour l’amateur de vin d’Alsace averti, mais elle est nécessaire pour se rendre compte des réalités du marché et pour repositionner les vrais repères. Ces vins constituent les repères du vin d’Alsace de demain, peut-être même demain matin, certains seraient bien inspirés d’y regarder d’un peu plus près…

 

****

 

II   Les vins secs de 2009

 

Eh oui, 2009 n’a pas produit que des vins mollassons (c’est mon expression pour exprimer le millésime). Les 2009 classiques se vendront excellemment auprès du grand public, non averti, tandis que les amateurs de vins à table reprendront un peu de 2008 ou attendront les 2010 ( la nature est bien faite finalement, non ? 🙂

 

Muscat Bruno Hertz – Eguisheim – 4,80 €

Premier nez : de Muscat, mais fin !

Nez sur la fraise et la rose, très agréable

Bouche : Belle structure, grasse et finement muscatée.

Le muscat est parfois pataud et « obsessionnel », mais ici le fruité du raisin s’exprime avec une belle finesse.

TRES BIEN !

 

Sylvaner Henri Fuchs à Ribeauvillé – 4,4€

Premier nez tourbé

Deuxième nez : se cherche un peu

Bouche : Belle présence, bonne salinité, un bel équilibre et un peu de torréfaction.

BIEN+

Riesling grand Cru Schoenenbourg 2009 – Dom Bott Geyl – 22€

Premier nez : N/A verre neuf

Nez : un peu de caillou

Bouche : plus fin et plus discret, perlant un peu trop

BIEN-

 

 

III – le retour des grandes maisons

 

Ce thème voulait illustrer le fait que certaines grandes maisons de négoce ayant autrefois un peu délaissé le marché du vin de gamme supérieure sont de retour sur la scène.

 

DOPPF AU MOULIN – Riesling GC Schoenenbourg 2008 – 14€

Nez de caillou, fumé

Bouche avec une belle attaque, une bouche gourmande et pleine, un beau vin charnu !

TRES BIEN !    Coup de coeur !

 

KLIPFEL – Riesling Kirchberg de Barr 2008 – 13€

Premier nez sur la fraise

La bouche est sympa mais pour moi, ne présente pas une vivacité très cohérente avec les sucres résiduels.

BIEN

PS : Le Riesling ne se sent pas bien sur ce coteau, tout simplement. Avis perso.

 

SYLVANER 2009 Alsace Grand Cru  Zotzenberg – Boeckel – 12€

Premier nez sur le marc de café

Nez :  de Sylvaner

Bouche de sylvaner avec ce beau grain typique du cépage, mais avec un côté mou du café mouillé…un défaut ?

NON NOTE

PS : j’ai gouté le même au domaine, autrement plus pimpant!

 

 

IV – L’élégance du Pinot Noir élevé sous bois

 

Pinot Noir Geissberg François Bléger 2009

Premier nez sur les fruit noir frais, un peu torréfié

Bouche : tannins trop  présents à mon goût, trop astringeants avec une amertume vraiment désagréable. Je ne peux pas boire ça, désolé.

BEURK

 

Pinot Noir Rittersberg réserve personnelle 2009 – JP Schmitt à Scherwiller

Nez : Un peu fermé au début, il demande à être ouvert

Bouche : Plus expressive, avec de la vanille, de l’orange juteuse, c’est un vin plaisant et gourmand mais peut-être à garder.

BIEN aujourd’hui.

 

Pinot Noir Strangenberg 2008 – A Bursin – 13,6 €

Nez costaud, fumé, « surfumé »

Bouche avec un peu d’amertume qui me dérange un peu, mais un vin tout compte fait plaisant.

BIEN+

J’ai raté le diner consacré au Pinot Noir en Alsace et je reste donc avec mon petit « retard intellectuel » à ce sujet. C’est dommage car quand on me parle Pinot Noir, je lorgne immanquablement vers la Bourgogne à 30-40 euros / bouteille. Certes, ils sont plus chers mais je n’en bois pas souvent et je préfère donc 3 premiers crus qui me combleront plutôt que 12 pinot noir alsaciens qui ne savent pas me satisfaire.

 

 

V –  Le Gewurztraminer peine à se faire une place à table

 

On a finalement du mal à « placer » ce cépage à table…mais en y réfléchissant un peu, on trouvera beaucoup d’accord au gewurz vinifié classiquement, c’est-à-dire en sec (les moelleux n’étant pas l’apanage du cépage et étant un vin d’exception). Le dîner de l’Oenothèque autour de ce thème m’en avait convaincu, à tel point que je n’ai plus peur d’acheter à nouveau du Gewurztraminer.

 

Gewurztraminer Cuvée Laurence – Domaine Weinbach – 24€

Beau nez de gewurz sur la finesse,

Belle bouche un peu douce mais avec une belle présence. Encore un peu vert.

BIEN+ à ce stade

 

Gewurztraminer Turckheim 2002 – Dom Zind Humbrecht

Nez d’agrumes, fin, un peu d’évolution

Bouche : superbe bouche pour un vin sec et avec une belle matière, petite amertume qui trame le vin sur des fines épices et une bonne salinité !

EXCELLENT !      COUP DE COEUR !

 

Gewurztraminer Grand Cru Pfersigberg 2009 – Wolfberger – 9.8€

Nez muscaté

Bouche de vin trop jeune

BOF à ce stade

 

 

VI – L’élevage long pour rechercher la minéralité : le cas Marc Tempé

 

Auxerrois Vieilles Vignes 2005 – Marc Tempé

Nez de fraise, levuré

Bouche sur une attaque douce, de beaux amers de forment mais un peu sûrs.

BIEN+

 

Pinot Gris Rimelsberg 2003 – Marc Tempé  – 18.6€

Premier nez tourbé, brioché

Nez sur la noix de coco, très nettement

Bouche moins explosive mais il s’agit d’un vin qui se développe doucement, longuement, sur les fleurs et les fruits, un peu de bois avec de la vanille

BIEN+

 

Riesling Grand Cru Mambourg 2003 –Marc Tempé – 26.3€

Premier nez tourbé, grillé, épicé,

Nez suivants superbes, de cire et de grillé, très beau nez !

Bouche avec une superbe, magnifique présence, une structure de grand vin, d’une très belle longueur

Une vrai vin de gastronomie !

EXCELLENT !    Coup de Coeur 

 

 

***************

 

17 vins, 6 thèmes abordés, avec de bonnes sensations jusqu’à la fin, jusqu’à la fin je n’ai ressenti aucune fatigue, et l’enchaînement ne fut pas perturbant. En plus plusieurs coups de coeurs, des trouvailles et des confirmations. Décidément les amateurs de vin ont bien tort de ne pas venir à ces séances découvertes.

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